CHAPITRE II
GANOBIO ET GIRALDO
Canobio destiné pour Moscou. — Ses instructions. — Peu opportunes surtout après la transformation d*Ivan IV. — Efforts de Hosius pour faciliter la mission moscovite. — Difficultés de sa mission. — Canobio à Cracovie. — Canobio à Vilna. — Lutte entre Radziwili et Padniewski. — Échec de Canobio. — Explications entre le pape et le roi de Pologne. — Giraldo destiné pour Mqscou. — Ses instructions. — L'histoire de sa mission résumée par Possevino. — Dépêches de Commendone sur Giraldo. — Derniers détails.
PEINE monté sur la chaire de saint Pierre, le 26 décembre iSSg, Pie IV consacra les prémices de son zèle à la réouverture du concile de Trente, déjà par deux fois interrompu. Le
cardinal-neveu Borromeo;auquel ses vertus valurent plus tard l'honneur des autels, partageait la même ardeur et jouissait dans les affaires d'une influence prépondérante. Or, d'après les idées et* les mœurs de l'époque, lorsque le concile était œcuménique, il fallait inviter tous les souverains, soit catholiques, soit dissidents, à y prendre part. Des démarches furent faites dans ce sens et, dès le mois de mars i56i, on décida qu'un envoyé spécial se rendrait à cet effet auprès du « grandduc » de Moscou '. Les meilleurs esprits, tels que Commendone, étaient persuadés que cette mesure réussirait à merveille, que, pour le moins, l'accueil du tsar serait des plus bienveillants ^ Restait à faire le choix de Tenvoyé, à s'entendre avec l'empereur pour garder les convenances, et avec le roi de Pologne pour obtenir Taccès de Moscou par la Lithuanie.
1. Borroraeo à Commendone, 4 mars i56i. Archives du Vatican, Litt.princ, 1 555-1 565, p. 11 3.
2. Commendone . à Borromeo, Anvers, 10 mai i56i. Bibl. Barbtrini, ms. LXII, 58, p. Sg.
Deux candidats se trouvaient sur les rangs : Zacharie Delfino, évêque de Pharos, déjà accrédité auprès des princes d'Allemagne, et Jean- François Canobio, diplomate réputé très habile ^ Les brefs pontificaux, dont il sera question plus tard, furent rédigés en leurs noms en double exemplaire; le choix définitif, sauf l'approbation de l'empereur, était réservé au cardinal Hosius, investi de la pleine confiance du pape, son ministre à Vienne et chargé de la haute direction de l'affaire moscovite *. Les préférences de Hosius se portèrent sur Canobio.
A peine rentré de Vienne à Rome, en avril 1 56 1, celui-ci en était reparti avec des dépêches secrètes pour l'Autriche et la Prusse, ainsi qu'avec Pexpectative de la mission moscovite. Vers la fin du même mois, il était déjà dans la capitale des Habsbourg, tandis que Delfino faisait