PRÉFACE V
sans aucun souci de l'histoire, sans étude approfondie des pièces. Cette méthode serait encore tolérable^ au moins n'au^ r ait-elle pas de conséquences tout à fait désastreuses, si les dépôts qu'on exploite étaient réglés comme une pendule. Malheureusement il n existe pas, que je sache, d'archives de ce genre, La complication naturelle des affaires, le classement et le transport des papiers^ le nombre considérable de volumes, les injures des temps^ par/ois la fatalité historique, produisent dans tous les dépôts, si ce n'est la confusion, du moins un état de choses qui exige l'étude et l'analyse des pièces pour les présenter d'une manière systématique.
Plus que partout ailleurs, ce procédé est nécessaire à regard des archives du Vu' tican quiy au grand détriment de la science, ont fait, sous le premier Empire, le voyage de Paris.
Aussi qu' est-il arrivé? Ni Tourgueniev, ni Theiner n'ont donné la série complète des dépêches relatives aux projets d'ambassade mentionnés plus haut; ils
ont ignoré les instructions de Pie V à Portico, la réponse importante de Maximi lien II au sujet de Clenke et jusqu'à r existence des négociations de iSjg.
Tourgueniev a même publié, à titre de document, une page de Vhistoire de Pie V, imprimée à Rome par Catena en i586 (Hist. Russ. mon., I, n** cliii; Catena, p. i85).
En présence de ces lacunes, il n'est pas étonnant que les historiens, qui n'ont pas eu accès aux archives du Vatican, n'aient pas trouvé le dernier mot des événements qui vont être racontés. C'est en vue de M. Zaks^ewski que nous faisons cette observation. Il a traité ces mêmes matières avec un remarquable talent et une forte érudition (Stosunki Stolicy Apost.
z Iwanem Groznym), mais les documents lui ont parfois fait défaut. Quant au comte Tolstoï j il s'est si peu et si médiocrement prévalu des matériaux déjà connus qu'il doit être désavoué par la science.
La mystification de i54y passe dans