‹ Rome et MoscouChapitre 34 sur 51 · I . Tourgueniev, Hist. Russ. mon. , I, p. 222, n"CLVi · texte numérisé non relu

I . Tourgueniev, Hist. Russ. mon. , I, p. 222, n"CLVi

cessante préoccupation, il perdit de vue la Moscovie, incapable du reste, à cette époque, de servir la cause commune : elle avait à se remettre de ses propres désastres. L'année iSji avait été singulièrement fatale pour Moscou : tandis que le pape recherchait contre les Turcs l'alliance d'Ivan, celui-ci voyait ses Etats ravagés par les Tartars. Profitant des beaux mois du printemps, Devlet-Ghireï, Khan de Crimée, avait porté le fer et le feu jusque sous les murs de Moscou, dont il avait incendié les faubourgs. Le tsar s'était lâchement retiré vers le nord; il ne revint dans sa capitale que pour conclure une paix plus humiliante que ne l'avait été sa fuite.

C'était, partant, un allié sur lequel on ne pouvait guère compter. Mieux au courant de ces détails, Portico en eût sans doute tiré parti en faveur de sa thèse, au lieu de s'en tenir exclusivement aux données générales sur le caractère et les cruautés d'Ivan. Il est encore plus singulier que Sigismond-Auguste ne se soit pas prévalu de rinvasion tartare pour légitimer ses

restrictions et ses refus; aussi, lorsque le pape abandonne décidément le projet moscovite, n'en donne-t-il pour dernier mobile que la barbarie et la cruauté d'un peuple avec lequel, à cause de cela, il ne tient pas à être en rapports. La marche des événements devait, à ce sujet, modifier les idées du successeur de Pie Vet l'engager à tenter de nouvelles démarches du côté de la Moscovie.

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