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I. Voir l'appendice, n» xiii

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En dépit des belles espérances du cardinal, la vérité est que Caligari se trouvait ainsi placé en présence d'un problème insoluble. Le terrible Ivan, qui a étonné le monde par ses excès sauvages, n^était guère accessible aux idées romaines de conciliation religieuse; et, en iSjg, les circonstances politiques étaient telles que Bathory lui-même devait trouver peu opportunes les propositions de paix avec Moscou. En effet, des deux côtés, le dernier but de la guerre n^était autre, au fond, que la possession de la Livonie.

Ivan avait compris l'importance de cette province maritime avec ses ports magnifiques, son littoral sinueux et développé pour un pays qui avait besoin d'un débouché d'exportation et d'un point de contact facile avec l'Occident, d'où lui venaient ses maîtres. Aussi, s'il était fier des conquêtes de Kazan et d'Astrakhan, s'il étendait son bras vers la Sibérie, pardessus rOural, il n'en estimait pas moins la Livonie comme un joyau indispensable à sa couronne. D'autre part, Bathory avait

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juré, en montant sur le trône, de s^emparer de la Livonie, qui naguère s'était donnée à Sigismond- Auguste, et de refouler ainsi vers l'Orient le plus redoutable ennemi de la Pologne. La guerre n'avait pas tardé à éclater entre les deux rivaux, et la fortune se déclarait pour Bathory : par un mouvement habile, il avait envahi la Russie Blanche tandis qu'Ivan envoyait le gros de ses troupes en Courlande, au-delà de la Dvina; au mois d'août îSyg, les braves fantassins hongrois mettaient le feu aux murs de Polotsk, obligé bientôt à se rendre; le 25 septembre, Sokol était pris après un carnage épouvantable; d^autres forteresses moscovites subissaient tour à tour le même sort, et les provinces voisines étaient dévastées sans pitié.

Or, Bathory était justement dans Pivresse de la victoire lorsque le nonce, à la suite des instructions romaines, lui fit ses premières ouvertures le 8 septembre ; il lui pariait, en général, de la ligue antiottomane sans toucher la question moscovite, et lui proposait de venir le rejoin-

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dre à Polotsk pour traiter cette affaire de vive voix *. Auprès du roi se trouvait Zamoyski, surnommé le Grand par ses compatriotes, ancien étudiant de l'université de Padoue, aussi versé dans les auteurs classiques et dans le droit romain que dans l'art de la guerre, éloquent, courageux et surtout ennemi traditionnel de Moscou. Ces deux circonstances n'étaient rien moins que favorables au succès de la négociation. Bathory et Zamoyski répondirent au nonce le même jour et dans le même sens; les lettres sont datées de Dzisna, 20 septembre *. Tout en reconnaissant rimportance de Taffaîre , ils avouaient ne pas pouvoir la traiter en pleine campagne, inutile par conséquent que le nonce se dérange. Zamoyski ajoutait que le roi serait bientôt à Vilna, et le roi, renchérissant sur Zamoyski, prévenait le nonce qu'il n'avait pas besoin de

I. Archives du Vatican, Polonia^ XVI, p. 290, dépêche chiffrée de Caligari, 8 septembre 1579.

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