Faber, /. c, p
2. Les patentes d'Ivan ne parlent que de « Meister und Doctores, die Kranke pflegen und heilen koennen, Schriftgelehrte Leute, die lateinische und deutsche Schrift wohl verstehen. » Viennent ensuite les artisans.
3. D'après quelques sources, le sauf-conduit aurait été officiellement révoqué.
mais toujours en vain, de donner de ses nouvelles à Ivan; plus heureux à un autre égard, il parvint à s'évader après deux ans de captivité, si ce n'est qu'un nouveau danger Pattendait à Rasseberg, oti il s'était réfugié. Les Lubeckois exigent son extradition et, s'il est maintenu en liberté, c'est grâce au dévouement d'un ami qui se rend caution pour lui.
Ces revers successifs n'avaient ni découragé Schlitte, ni encore moins brisé son activité. En i55o, il se remet à l'œuvre :
dès lors, la mystification s'accuse visiblement, il importe d'en établir les premières origines. C'est une pensée exclusivement civilisatrice, on l'a vu, qui a provoqué la mission de Schlitte; après qu'elle eût échoué, la correspondance avec Moscou ayant été interrompue, rien n'était venu modifier son caractère primitif. A défaut de nouvelles instructions du Kremlin, l'esprit inventeur de Schlitte se laisse libre carrière. Deux choses avaient dû le frapper à Moscou : d'abord, l'estime presque superstitieuse d'Ivan IV pour
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son titre de tsar, ensuite les nombreuses affinités entre l'église russe et l'église romaine et, partant, la facilité d'une réunion; sur ce dernier point, il s'explique positivement lui-même, dans une lettre adressée au roi de Danemark Christian III ^ C'est sans doute à la suite de ces observations qu'il conçut un projet plus hardi que pratique : celui d'obtenir du pape le titre royal pour le tsar et d'obtenir du tsar la soumission au pape; le nouveau roi catholique de Moscou serait devenu un puissant allié contre les Turcs, un défenseur de l'Église romaine et tout le système politique de l'Europe s'en serait ressenti. Mais comment s'y prendre pour mener à bonne fin une si vaste et si importante entreprise? Schlitte, ne doutant jamais de rien, confère à cet effet le titre de chancelier moscovite à un gen-
I. Cette lettre est datée du 2 5 janvier i554. Elle se conserve aux Archives royales de Copenhague, les reproductions qui en ont été faites par Busching [Magasin, VII, p. 299) et par Adelung (JJebersicht der Reisenden, I, p. 207) ne sont pas tout à fait exactes.
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tilhomme autrichien, nommé Jean Steinberg, le charge de négocier TafFaire à Rome et d'apporter les réponses à Moscou> où il rentrerait amplement dans ses frais '. Pas n'est besoin de remarquer que le droit de Schlitte à la création d'un chancelier était aussi douteux que son litre d'ambassadeur était illusoire et que l'entreprise elle-même était chimérique.
Ce personnage ne mérite désormais, de notre part, qu'une médiocre attention. A mesure que les événements se développent, son caractère d aventurier se dessine de plus en plus : il s'en remet à Steinberg de la négociation romaine; quant à lui, c'est l'organisation d'une nouvelle bande d'artisans et de lettrés qui le préoccupe; à bout de ressources, il s'adresse à Ivan, en i535, pour obtenir des secours pécuniaires; deux ans plus tard, il est lui-même à Moscou; après quoi ses traces se perdent et l'on ignore la date de
I . Voir les' patentes délivrées à Steinberg chez Tourgueniev, Hist. Russiat mon., I, n» cxxx. Schlitte y raconte lui-même son histoire.
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sa mort '. Il nous reste de lui un curieux document : c'est son projet de réponse, au nom d'Ivan, à la lettre de Charles-Quint, dont il avait été lui-même porteur. Jamais rêveur plus hardi n'avait encore prêté sa plume à un tsar : au gré de son secrétaire improvisé, Ivan aurait versé des sommes considérables pour la guerre contre les Turcs, organisé un service postal de Moscou à Augsbourg, créé un régiment allemand et un ordre de chevalerie, enfin envoyé comme otages à l'empereur vingt-cinq jeunes gens des meilleures familles de Russie. Quant à la question religieuse, Schlitte la traite avec une extrême réserve ; il se borne à mettre dans la bouche du tsar le désir de la faire étudier dans les deux camps opposés.
Preuve nouvelle, s'il en faut encore, que jamais Ivan n'avait autorisé personne à procurer la réunion des églises russe et romaine. Inutile d'ajouter que cette mis-