‹ Rome et Naples religion, philosophie, artChapitre 18 sur 21 · MICHEL-ANGE BUONAROTTI · texte numérisé non relu

MICHEL-ANGE BUONAROTTI

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Unm di quatre aime.

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Daas ce groupe divin de peintres, de poètes,

Voyez donc s’élever, seul , par-dessus les tètes,

Ce visage sublime, au front haut, spacieux,

Et dont ie fier regard semble percer les deux;

Ce crâne aux cheveux noirs et crispés par la vie ,

Coupe ardente où fermente et brûle le génie....

Cet homme grand et fort par l'esprit et le corps,

Dont les contours osseux et les puissants ressorts De la robuste épaule , et dont l’âpre figure ,

Les traits mâles et durs, la nerveuse nature.

Et dont le seul aspect éblouit le regard ,

Cet étrange ouvrier, ce grand prêtre de l’art,

Cet homme, sur la terre avait nom, Michel-Ange... O nom venu du ciel ! Nom du plus bel archange I

Mais, ô maître, salut!... —Plein d'inspiration,

Et le front éclairé , comme un puissant lion Tout rayonnant de force, à la longue crinière,

On te voyait passer sans regarder derrière,

Et marcher dans la foule en trainant après toi Tout un peuple incliné comme devant son roi.

Infatigable artiste, épuiseur de carrière,

Il te fallait pétrir ou le marbre , ou la pierre.

Jamais las d’enfanter sans t’essuyer le front ,

Tu travaillais toujours à ton œuvre profond.

Une ardeur inouïe, une rage insensée,

Malgré tout , t’entraînaient vers ta grande pensée , Vers ton but idéal , vers la perfection... .

Mais, rêve de poète, 6 triste illusion!

Non, la perfection, n’est pas de notre monde...

— Hélas ! Buonarotti , ta douleur fut profonde , Quand tu vis tes sueurs, tes efforts impuissants, Quand tu sentis le poids de tes quatre-vingts ans. Tristement, tu penchas ton front mélancolique, Homme entier et complet, sorti d’un moule antique! Et le cœur plein d’ennuis et maudissant ton art,

Les bras découragés, é sublime vieillard,

On te vit expirer sous ta lourde agonir Déplorant ton Ions rêve, et las de ton génie.

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