‹ Rome et Naples religion, philosophie, artChapitre 19 sur 21 · DOMINIQUIN · texte numérisé non relu

DOMINIQUIN

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ÜQM1NIQUIN.

Pâle Domioiquin , anus sia»!» ta figure •• /

Qui se dessine au cteè aélancoiiqo e et pure;

Pauvre martyr de l’art , 6 grand peintre rétewr, : h j

Belle tète souffrante et pteiae de deuieur Qui dira le secret de ces tartine* arriéré? H /

Qui tombaient lentement de tes leagaes paupières?

Qui dira la tristesse et le penser profond

Qui t’inondaient sans eusse et t'inelinaient te fronl J. . .

Comme Christ tu portas tes sanglantes épine»,

Ame pleine d'amour et de rameurs, divines.

Corde mélodieuse, ù céleste instrument Dont la voix s’exhalait si donloureuseawtnt

—Ce que j’aime surtout, c’est cette douce femme Que le ciel t’envoya pour consoler ton âme -,

Aimable et bonne sœur qui te tendait la muin Et t’aidait à marcher dans ton âpre chemin.

O Marsibilia, ton beau cœur, femme sainte,

Etait l’urne pieuse où s’épanchait sa plainte,

Et tes bras seuls savaient endormir ses douleurs... .

Puis tes jeunes enfants, ce frais bouquet de fleurs,

Ce groupe épanoui, cette couronne d’anges,

Joyeux et gazouillant ainsi que des mésanges, l.e caressaient d’amour et déridaient son front...

— O famille ! ô bonheur! lac limpide et profond Où l’homme se ravive, où le ciel se contemple !

— Et toi, vaste nature, ô mystérieux temple

Dont chaque pierre chante , orgue aux puissantes voix ! Dominiquin t'aimait. — Qui sait combien de fois A l’heure où la nuit vient tendre ses blondes toiles, notl ■» | Où s’allument au ciel les tremblantes étoiles, < ii •!> • >

Où les rêves amis descendent dans nos cœurs , <n,-..iï i Où la rosée emplit le calice des fleurs;'

A cette heure d’amour et d’ardente prière ,

Qui sait combien de fois on vit sa tète austère Et son pâle profil passer par les grands bois Pleins de folle musique et de confuses voix;

Par les champs de blés verts , les campagnes sonores Dont les hymnes profonds s’éteignent aux aurores*

Son oreille écoutait les vagues bruits du ciel ,

Et son esprit lisait dans le livre éternel; * :

O maître, tu l’aimais, la sainte solitude!

Et puis tu reprenais ta tâche lourde et rtide,

Et le regard ouvert à l’inspiration Tu traduisais pour nous ta haute vision.

— Mais la haine jalouse et l’envie à l’œil fauve Jetèrent de la boue à ton front blanc et chauve, Insultèrent ton œuvre, et t’ouvrant le côté, Voulurent te voler ton immortalité.

Et toi , pauvre et chétif, belle àme sans défense Toi, martyr résigné, tu souffris en silence!... Mais cependant un soir, abreuvé de douleurs, Las de ta dure épreuve et de tes longs labeurs , Pâle comme le Christ, en montant ton calvaire Tu t’affaissas, hélas! sous ton angoisse amère; Et l’on te trouva mort, pauvre Dominiquin, L’œil tristement ouvert et le front dans la main !

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