‹ Rome et Naples religion, philosophie, artChapitre 9 sur 21 · MÉDITATION · texte numérisé non relu

MÉDITATION

DE |,A CRÉATION, DE LA CHUTE, DE LAfRÉDEMPTION , DE LA FEMME.

Allumez ma lampe, Seigneur, éclairez mes ténèbres.

Ps. xvii, 29.

Dieu, du fond de son éternelle et infinie sagesse, méditait l’œuvre de la création.... Et lorsque sonna l’heure des grands enfantements , l’immensité tressaillit en le voyant passer, semant les mondes comme une poussière d’or dans le vide, et allumant les grands flambeaux du ciel...

Au milieu de ces créations sans nombre qui peuplaient l’espace, la terre étant une réalisation plus intime, une manifestation plus complète et plus parfaite de la substance infinie, une sorte d’écoulement et de rayonnement des trois personnes divi—

nés, de la puissance du Péri», de la sagesse du Verbe et de la vie de l’Esprit, la pensée créatrice s’attacha à elle, s’unit à elle, l’éclaira de sa lumière, l’échauffa de son amour, l’anima de sa vie; et Dieu se prit à la regarder comme la fille aînée de son amour. Il étendit au-dessus d’elle, comme une vaste tente , cette sublime voûte que nous appelons le ciel. Il fit passer son souffle sur sa face, et lui donna cette force , cette vie , cette beauté qui ne sont que des irradiations de sa splendeur infinie... Et il la berçait dans ses bras , il la pressait sur son cœur comme une jeune mère, et il prêtait l’oreille aux bruits, aux murmures , aux bégaiements , aux natives harmonies qui s’exhalaient de ses joies matinales et venaient mourir, comme une douce prière, comme un chant d’amour à ses pieds.

Mais , la terre formée, le piédestal bâti , il fallait la statue. Alors Dieu dit: faisons l'homme.

Il créa donc le premier homme et le fit à son image et à sa ressemblance ; c’est-à-dire qu’en lui donnant l’être il lui donna aussi ce qui est inhérent à l’essence infinie, la puissance, l’intelligence, l’amour. Il fit donc de l’homme une trinité terrestre qui devait s'incliner devant la trinité céleste, dont elle u’élait que la manifestation , que le rayonnement, que le rellet.

Dieu ne fit pas de l’homme un être seulement spirituel; il le créa matière et esprit, parce qu’il vou-

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