‹ Rome et ses papesChapitre 100 sur 197 · LIVRÉ I , CHAPITRE XVI · texte numérisé non relu

LIVRÉ I , CHAPITRE XVI

tre de son prédécesseur , vécut publiquement avec la femme d'un de ses concitoyens qu'il avait enlevée , nia l'immortalité de l'âme , l'enfer , le paradis , et , quoiqu'ancien corsaire , fut poète et cultiva les lettres. Lui-même il s'affubla de la toge pontificale en s' écriant, à l'exemple d'un de ses devanciers '. Ego sum papa. Le conclave intimidé ou corrompu homolgua son audace.

Le roi Ladislas vivait encore. Molesté par le pape , son ancien sujet , qui lui reprochait sa luxure , excommunié par lui , il prit les armes. JeanXXIlI de son côté leva des troupes, publia des croisades et fut vainqueur. Ladislas fut privé de sa couronne par un bref : il la racheta humblement, et la paix se fit. Mais Jean voulait qu'on lui livrât Grégoire XII, et Grégoire s'était enfui à Rimini , où , réduit à l'unique ressource des aumônes d'un petit tyran , il continuait à foudroyer les rois et ses rivaux. La guerre recommença donc. Ladislas triompha à son tour , pilla pour la troisième fois l'asyle du pontife et expira enfin , regretté seulement de ses maîtresses et des soldats qu'il avait gorgés de butin. Ce prince se maria trois fois et ne laissa point de postérité. Sa sœur , Jeanne II , fut son héritière.

Cependant les potentats de l'Europe ne concevaient pas que l'anarchie papale était utile à leur pouvoir , et depuis long-temps l'empereur Sigismond , avide de renommée , s'efforçait de calmer l'effervescence des partis. Un concile général s'assembla par ses soins £i4 I 4]« C'est celui de Constance. Les députés des cours et des métropoles chrétiennes , plus de trois mille personnes , l'empereur lui-même y assistèrent, pendant que deux cent cinquante prélats travaillaient noblement et d'un commun accord a la réforme de l'Eglise dans son chef et tous ses membres. Le grand schisme parut cesser.

Jean XXIII , d'abord président de l'assemblée , devenu l'ennemi de Sigismond , fut contraint à la fuite , saisi , incarcéré , déposé comme criminel , et Grégoire XII envoya de Rimini l'acte de son abdication volontaire. Benoît XIII seul résista. Isolé, sans cour, sur le rivage de l'océan espagnol, dans une forteresse imprenable, il brava et repoussa sans cesse les ordres du concile lointain [i4 f 7-] Toutefois Othon Colonna fut sacré par l'assemblée sous le nom de Martin V, et reçut l'hommage de tous les ambassadeurs chrétiens. Les évêques s'occupèrent ensuite de régler le culte , et se distinguèrent à la fois par quelques règlements pleins de bon

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