‹ Rome et ses papesChapitre 102 sur 197 · LIVRE I , CHAPITRE XVI · texte numérisé non relu

LIVRE I , CHAPITRE XVI

ner en Italie, et souvent alimentait les discordes de Rome , afin de profiter de ses fautes. — Naples et la Sicile étaient neutres dans la balance.

L'Angleterre de son côté, occupée de conquêtes , semblait voir avec plaisir la tiare avilie , et attendre l'occasion d'un divorce qui la débarras sât du denier de saint-Pierre et de toute intervention romaine. — Quant à la France, elle était hors du schisme par ses divisions intestines. — La nation, ballotée par des factions d'ambitieux qui se disputaient l'héritage d'un monarque imbécile , subissait le joug de l'étranger. Les Anglais entraient dans Paris à coups de hache ; la couronne de France passait à la maison de Lancastre. Il fallait souffrir et se taire, car la guerre civile avait éteint l'énergie , et la résignation ne court jamais de chances. — Sous Charles VII , l'exaltation d'une paysanne sauva l'Etat, et l'héroïne accusée de sortilège fut brûlée vive [i43i], condamnée par des moines et des prélats français.

L'éternel Benoît XIII avait cessé de vivre. Il était mort repoussant du fond de sa retraite les envoyés du pape et de l'empereur. Ayant ordonné avant d'expirer, à deux cardinaux qui n'avaient pas quitté sa personne , de lui choisir un successeur , sa volonté fut faite. — Un cha-

noine espagnol fut élu. Il se nommait Clément VIII , et fit plus tard acte de résignation entre les mains de Martin V — [1429]. Ainsi finit ce grand schisme d'Occident , qui porta une si forte atteinte âu lustre et a l'influence de la tiare. Il dura cinquante-un ans.

Le concile de Constance avait établi sur de justes bases la discipline ecclésiastique, et avait remédié en théorie à de grands abus. Martin V avait été membre de l'assemblée , et comme tel il avait juré d'en observer les canons. Une fois pape , il comprit aisément qu'une obéissance plssive emporterait la reconnaissance explicite de la supériorité des conciles généraux sur le saint-siége. Le concile fut cassé, et les désordres continuèrent.

Martin s'occupa de Naples. — Jeanne II , cette reine chez laquelle la débauche crût avec l'âge , avait embrasé ce royaume par son incertitude et sa faiblesse. Adoptant tantôt un prince d'Aragon, tanlft un descendant de «la maison d'Anjou, , la présence des troubles avait attiré dans son royaume une foule d'aventuriers , turbulente , sans scrupule et sans ' foi , bannale autant qu'intrépide et grossière. Le pape lança souvent ses censures au milieu de ces démêlés , et ne^fit qu'augmenter l'irritation du mal. Par

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