‹ Rome et ses papesChapitre 105 sur 197 · LIVRE I, CHAPITRE XVI · texte numérisé non relu

LIVRE I, CHAPITRE XVI

sirs , non comme ses prédécesseurs à fomenter des troubles et à tourmenter les rois , mais ù embellir la capitale chrétienne , à encourager les lettres et les arts. A l'exemple de Martin V et d'Eugène IV, il protégea le Panthéon. Il eut la gloire de commencer la basilique moderne de St. -Pierre , et fonda la belle fontaine de Trévi.

[i453.] Lorsqu'un empereur qui se jouait autant de l'islamisme que des censures romaines , Mahomet II , chassa les Latins de Constantinople, les Grecs se dispersèrent dans l'Europe. Le dernier empereur d'Orient , Constantin-Pa léologue , était mort glorieusement en défendant ses droits ; un trône , un titre de prince avaient disparu. Nicolas s'était vu contraint de refuser une croisade à de pressantes prières ; il ouvrit sçs portes à ceux que le glaive ottoman refoulait jusqu'en Italie : il les accueillit, les consola , fit traduire les précieux manuscrits qu'ils avaient soustraits au pillage , et se montra à la fois hospitalier , généreux et bon politique. — Et pourtant Nicolas n'est point canonisé. Est-ce donc parce qu'il employa à soulager le malheur , à enrichir Rome et le Vatican , les sommes avec lesquelles le saint-siége du temps passé éternisait le mal ? *

Nicolas V fut le dernier pontife qui couronna dans Rome un empereur décident. — [i44&] Frédéric III , prince indolent et faible , avait signé un concordat qui soumettait au saint-siége l'élection canonique des chapitres et des communautés de l'empire. Aux termes de la convention , le pape confirmait ou annulait à son gré[ la nomination aux bénéfices , et pourvoyait à la vacance des canonicats pendant six mois de l'année. Aux annates supprimées , des esprits fourbes avaient substitué une taxe énorme , une fois payée. Les États réclamèrent ; ils demandèrent, en vain un équivalent de la pragmatique française ; mais l'empereur pour toute réponse alla déposer aux portes du Vatican l'assurance de son dévouement à la tiare , et l'abandon de toute suzeraineté sur Rome. La cour apostolique fut 'flattée. Elle admit le monarque à baiser les pieds du saint-père , et à conduire en public sa haquenée par les rênes. Après tant d'épreuves il fut couronné.

Encore alors des villes d'Italie achetèrent cette liberté si souvent vendue , et Frédéric , muni des foudres de Rome, rentra en Allemagne pour subjuguer la Bohême en état d'insurrection permanente. Quand la prise de Constantinople signala l'orage qui menaçait l'Europe ,

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