‹ Rome et ses papesChapitre 113 sur 197 · LIVRE I , CHAPITRE XVII. iSj · texte numérisé non relu

LIVRE I , CHAPITRE XVII. iSj

de Louis assez insensés pouf les réclamer.

Alors aussi une bulle du pape introduisit l'inquisition en Espagne [i479]- Ferdinand V, qui y régnait , en avait besoin pour les projets qu'il .nourrissait ; il l'agréa comme une grâce. De là sans doute cette fausse dénomination de Catholique dont il s'enorgueillit ; de là ces adulations que les moines lui ont prodiguées. Ferdinand avait l'hypocrisie d'un athée politique et la vanité d'un conquérant. S'il abusa d'un fléau que le fanatisme rendait formidable , s'il consolida les lois et diminua l'impôt national , c'était pour écraser les grands. Sa fausseté , son despotisme , la persécution des juifs , tachèrent son règne ;Christophe Colomb l'illustra. — Plusieurs fois son ministre Ximénès voulut importer à Naples le saint-office et $es gibets ; mais les Napolitains se soulevèrent en masse , et voilà peut-être le plus beau fait de cette nation. Elle se montra courageuse' dans sa persévé<* rance à s'affranchir de cette surveillance exécrable si puissante autour d'elle , à Rome , à Palerme , et dans l'Italie presqu'entière.

Ferdinand V avait un bâtard âgé de six ans ; Sixte le fit archevêque. — Partout il se rendit odieux par son intervention méchante et passionnée. — Il médita la mort des plus puissants

princes de l'Italie pour s'élever sur leurs ruines. — Laurent et Julien de Médicis gouvernaient noblement la république florentine.

[1478.] Un jour les Florentins priaient : une conjuration composée de seigneurs mécontents, fomentée par Rome, et commandée par un évêque (Salviati) pénétra dans le sanctuaire divin et immola l'infortuné Julien. Un cardinal Riario , neveu du pape y avait organisé le complot; un autre émissair#de £itfe le général Montesecco , recula devant le crime. Il agit en sage. Les meurtriers furent massacrés par la . populace en furie. Le prélat de Pise fut pendu à la fenêtre du palais public. Le cardinal seul échappa. — La cour de Naples avait trempé dans le complot ; elle fit la paix , et Rome isolée l'imita. Sixte pourtant , comme tant de monstres , prenait le titre de père des fidèles.

En ce temps-là vivait Guillaume de La Marck, surnom&é le Sanglier des Àrdennes , qui fendit la tête de l'évêque de Liège d'urf coup de hache. Il portait la devise que Sixte IV aurait pu prendre : m Si Dieu ne me veut, que diable me prenne. »

Çe pape ruina l'État par ses dépenses et par sa coopération à la guerre contre les Turcs ; mais il embellit sa capitale , enrichit ses temples,

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