‹ Rome et ses papesChapitre 12 sur 197 · LIVRE I , CHAPITRE II. 2f · texte numérisé non relu

LIVRE I , CHAPITRE II. 2f

vêque œcuménique , et nonobstant les cruautés de Phocas ose écrire à ce prince : u Béuis- » sons Dieu qui change les temps et les rois , >♦ qui envoie ces derniers aux hommes tantôt » comme des ministres de justice , afin de les « punir , tantôt comme dos ministres de misé- :> ricorde , afin de les aider. Nous voyons avec w joie que ta pieté soit enfin parvenue h l'em- >» pire ; que les cieitx et la terre se réjouissent ; a que l'univers fasse retentir le bruit de son » bonheur et attire sur toi les bénédictions di- )» vines K »

Sans cesse les césars se mêlent à cette lutte des deux églises rivales. Ici , c'est l'empereur Honorius qui s'oppose à l'élection des pontifes romains , ou l'exarque d'Italie et le gouverneur de Rome qui saccagent le palais pontifical. Là , .c'est l'empereur Héraclius qui impose silence aux deux factions par son hectesis [64 1] , édit sagement "dogmatique que Jean IV condamne.

Le peuple de Rome nomme ses patriarches : on dit encore vox populi ,'vox Dei. Quoi qu'il en soit , les empereurs méconnaissent souvent les élus. Ainsi le vertueux Martin est repoussé par Constance [654] ? e * va mour i r dans l'exil en

1 Saint Grégoire , Ep. 36.

priant noblement le Seigneur pour son heureux rival.

Alors Tordre fameux de Saint-Benoît était formé. Les corporations monastiques se développaient , s'étendaient sur tout l'Occident ; les moines n'étaient plus considérés comme laïques. Insensiblement , l'Église commençait à se faire sentir et à disséminer sa puissance. Ses magistrats avaient une ébauche de culture mentale : c'était une chance que la misère et la superstition des villes devaient rendre certaine. Les gens de guerre eux-mêmes , n'ayant que la brutalité pour force , étaient entraînés par les masses. Dans quelques portions des Gaules surtout , le clergé avait , pour ainsi dire , recueilli les fragments de l'antique vénération qui entourait le druidisme. D'abord il s'était fait chérir , en se montrant sans tache , en consolant le malheur pendant des jours d'orage. Déjà nous le trouvons égoïste , avide, coupable comme à Rome.

Partout la barbarie va grandir avec lui comme une nécessit^sde son agrandissement K

[655-85. JJ&ms Vôyons sur le trône aposto-

1 Au sujel de l'instruction du prêtre, Réginon prétend qu'il ne savait pas toujours lire : il suffisait qu'il expliquât le sens de la lettre. On lui demandait si

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