LIVRE I, CHAPITRE II. # 3l
lique , après l'exil de saint Martin , Eugène II, Vitallien , Dieudonaé I er , Donno I er , Agathon , Léon II , Benoît II et Jean V.
Eugène abandonna Martin le proscrit à toutes les horreurs de la misère.
L'archevêque de Ravenne, frappé d'anathême sous le prétexte de rébellion envers Rome , ex-
Evangelium et epistolàm légère possit atque saltem ad litteram ejus sensu m. confessare; item si sermonenx Athanasii de fide sanctissimœ Trinitatié memoriter teneat, etsensum ejus intelligat^ enuntiare sciât, etc., etc.
Lebaud , i/jif . de Bret., nous apprend qu'un prince était savant lorsqu'il pouvait réciter le simbole des apôtres et l'oraison dominicale.
Cette époque est celle des célèbres conciles de Tolède concernant la discipline. L'un d'eux ordonnait qu'un roi ne pourrait rester roi , s'il ne jurait de conserver la foi catholique. Plusieurs autres conciles se tinrent pour obvier à la corruption du clergé. Nous citerons celui de Nantes , en 660 , qui sous Alain le Long; roi de la Bretagne armoricaine , sévit contre la cupidité des prêtres , la simonie, la pluralité des cures, le libertinage. C'est cette sainte assemblée qui infligea aux adultères une pénitence de sept ans , aux fornicateurs une de trois ans ; aux homicides volontaires une de quatorze , et aux homicides involontaires une de cinq. 9
Dom Mauricb , Hist. eccl. et civ. de Bretagne.
communia à son tour Vitallien , pape. — Un concile avait déclare Constance hérétique comme monotélite ; l'empereur vint à Rome , et Vitallien communia avec lui au grand scandale des orthodoxes. L'Église l'a canonise ; mais l'histoire ecclésiastique ne dévoile point les vertus de l'homme. S'il a mérite des éloges , c'est que le premier il envoya des savants en Angleterre. Par ses ordres , Théodore et l'Africain Adrien y portèrent la connaissance des langues grecque et latine , et avec l'amour de la foi chrétienne celui des sciences alors connues.
Un édit impérial avait déclare libre l'archevêque de Ravcnne , Donno I er en obtint la révocation. Donno soulagea les chrétiens pauvres. Agathon qui lui succéda mena aussi une vie exemplaire ; mais , comme prince , il flétrit sa mémoire par la présomption insensée de ses actes et de ses paroles. 11 condamna les monotélites et frappa de ses censures les morts et les vivants qui avaient soutenu leurs doctrines. Il osa même prétendre , dans ses décrétales , que sa voix devait être respectée comme la voix divine de saint Pierre.
[G83-86.] Léon II , Benoît II et Jean V, eu- . rent de bonnes mœurs et se firçnt chérir de leurs paroissiens ; car la conquête de l'amour des Ro-