LIVRE II , CHAPITRE I. a
électeurs et les cardinaux se sont trompés , répétait-il ; Jules devait être César , et Maximilien pontife. » — Jules déclara hérésiarque Albert, roi de Navarre, et autorisa tout prince chrétien à s'emparer de sa couronne l . — Gomme prince il fut criminel puisqu'il incendia le monde. On l'appelait Sa malignité. Voyons sa vie privée : il était brave* autant qu'adroit, mais trop despote pour se refuser un caprice de dissolution ou de vengeance. On dit qu'il abusa de l'enfance des sexes. Le duc d'Urbin massacra en sa présence le cardinal de Pavie : Jules approuva le meurtre : on affirme qu'il l'avait conseillé. Il avait ume fille et une nièce qu'il sut faire entrer par force dans les familles des Ur-
1 Ce monarque n'avait pourtant commis d'autre faute que de s'allier à Louis XII contre les ennemis de la France. C'est en vertu de cette spoliation que la cour de Rome refusa longtemps au roi français le titre de roi de Nayarre. Cette dénégation dura jusqu'à Urbain VIÏI , qui, ayant mandé des bulles à Louis XIII roi de France seulement , irrita le parlement qui devait les enregistrer. Ce corps voulait qu'on rendit à César ce qui était a César, et Urbain fut obligé de se soumettre , ainsi qu'on le voit par le bref qu'il adressa à Louis XIII en i63a , et rapporté par Gerbais dans son livre de Cousis majoribus.
sins et des Colonne. Sous lui Bologne fut acquise définitivement au saint-siége.
Bojogne remonte à des temps lointains. Antérieure aux Romains , elle fléchit sous leur domination , et passa successivement aux Lombards et aux monarques francs. Quand Charlemagne •investit le pontife romain de l'Exarchat et de la Pentapole , Bologne se révolta , s'érigea en ré- , publique , et se vit , après plusieurs victoires , prise et saccagée par Lothaire qui la soumit. Plus tard les gouverneurs impériaux , devenus puissants par la faiblesse des Carlovingiens , englobèrent Bologne dans le marquisat de Toscane ; et lorque Mathilde céda cette belle contrée à Grégoire VII , son.favori , Bologne était partie intégrante du legs. — Alors les empereurs et les papes se redoutaient réciproquement , et il fallait bien que cette avidité des gouvernants si active et si préoccupée épargnât quelque portion de l'Italie. Bologne devint encore une fois libre ; et jusqu'au pape Nicolas III , on la vit , riche et commerçante , lutter avec ses propres armes contre Milan, Venise, et Frédéric II lui-même. Rodolphe enfin la céda au pape. C'était le temps des factions guelfe et gibeline. Les partisans de l'empereur ayant été opprimés et persécutés par les Guelfes , ceux-ci , chassés à '