‹ Rome et ses papesChapitre 124 sur 197 · LIVRE II , CHAPITRE I. 7i5l · texte numérisé non relu

LIVRE II , CHAPITRE I. 7i5l

leur tour de la ville , sollicitèrent l'appui de Nicolas. Le saint-père vint alors ,* et les Gibelins délaissés par l'Empire se soumirent en stipulant le maintien de l'ordre républicain comme clause essentielle de leur fidélité. La paix se fit , mais Nicolas disparut , et un nouveau pontife parut qui méprisa là foi des traités. La république fut abattue par une bulle [13^4], et Bologne resta muette, car Rome était forte. Lasse à la fin du joug , après une longue servitude , elle se léva en masse aux cris de la famille Pepoli [ i 334] , chassa les légats , et proclama ses antiques franchises. Cette fois la liberté fut un mal. Les fa-

«ailles puissantes se disputèrent et s'arrachèrent le pouvoir. Pendant près d'un siècle , Bologne se tacha de son sang et languit malheureuse, sans cesse déchirée par ses fils , souvent vendue par ses tyrans. Enfin les Bentivogli , seigneurs opulents , écartèrent leurs rivaux par l'exil et les massacres , et se virent seuls détenteurs de la puissance absolue. [1462.] Un membre de cette maison gouverna sans trouble jusqu'au pape Jules II , qui , s'appuyant sur Louis XII , alors son allié, réduisit Bologne et renversa te tyran. — Néanmoins Bologne encore capitula à condition ; elle reconnut la domination romaine , mais elle exigea qu'on lui conservât son se-

nat et la faculté de disposer des revenus de ses domaines ; qu'on ne lui imposât ni citadelles ni subventions , etc. [iSoô 1 ].

[i5i3.] Après Jules II , on lit que l'empereur Maximilien se mit sur les rangs pour êtse pape ; mais l'homme célèbre qui donna son nom à son siècle , Léon X , l'emporta. Membre de la famille des Médicis florentins , légat , cardinal , et prisonnier de guerre sous le dernier pontificat , c'est lui qui , pendant les succès de Louis XII , corrompait à force d'indulgences les soldats du vainqueur. — Lors de l'expédition de Charles VIII , ses parents ayant été bannis de Florence , Léon , encore cardinal , s'était servi des armées de Jules pour menacer sa patrie et lui imposer sa famille. Les Médicis avaient revu la république par accommodement ; peu de temps après Laurent II en devint chef suprême , par l'œuvre et sous la tutèle de Léon , pape , son oncle.

Cardinal depuis l'âge de quatorze ans , Léon X prit la tiare à trente-six , et la dut moins à la simonie qu'aux intrigues de la jeunesse romaine.

1 Cet ordre de choses ne subsiste plus. Bologne prend part à l'administration commune de l'État apostolique. Elle est régie au nom du pape par un légat

Digitiz

Page 1