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LIVRE II, CHAPITRE I. l5g

Son langage modeste , sa modération affectée , i lui concilièrent l'estime de tous , et séduisirent promptement le clergé de la métropole , que ses prédécesseurs avaient aigri. Les cardinaux des conciles de Pise et de Milan vinrent implorer sa miséricorde en habits de prêtres. Louis XII luimême , entraîné par la reine , lui rendit hommage , et reconnut cette assemblée de Latran qui ' avait déclaré la couronne de France aliénable et mal portée.

Cependant François I er prenait le sceptre de Louis ; Henri VIII régnait en Angleterre j Charles-Quint allait paraître.

François I er , brave , franc et généreux , n'avait pour lui qu'une éducation courtoise ; s'il voyait un obstacle , il voulait le rompre d'un coup pour s'en débarrasser. Il ne rêva qu'amour et guerre : le reste l'inquiéta peu. De son temps , il est vrai , l'fgnorance comme le défaut de réflexion n'était pas honte. Un monarque était le meilleur des rois lorsqu'il était galant en cour , vaillant et preux dans la lice. Le gouvernement encore, n'était pas la pensée.

François voulait des batailles ; il renouvelle l'alliance avec les Vénitiens , fond sur l'Italie , triomphe à Marignan , et s'empare du Milanais , dont le duc , Sforze , passe en France. Bientôt

des parlements s'élèvent à Milan. Les États neur très effrayés saluent le jeune conquérant , et son nom va prendre place au Livre-d'Or du sénat de Saint-Marc. — Mais Léon s'alarme ; il n'ose attaquer François I er ; il rappelle son général , se présente comme négociateur ; et exhorte le vainqueur à la paix. Encore ici la pragmatique est menacée et le saint-siége triomphe. François I er sacrifie la vieille charte des libertés gallicannes ; l'année suivante , un concordat la remplace qui enlève au clergé le droit de choisir ses évêques , attribue au roi celui de nommer aux bénéfices , rétablit les annates ; et François I er , qui ne voit que des masses irréfléchies admirant sa bravoure , ne se rend pas à la noble résistance de son parlement , aux plaintes de ses universités et de son clergé.

Maximilien meurt , et François I« ose disputer l'empire à Charles-Quint. U a l'ametrop ouverte , il ne sait pas intriguer : Charles l'éloigné. En même temps , le roi se laisse gouverner par sa mère , la duchesse d'Angoulême , qui fait pendre ses ministres et dégoûte ses généraux. Le brave connétable de Bourbon a rejeté la main ou les faveurs de la princesse ; persécuté par elle , il offre son bras à Charles-Quint. — Plus tard il va piller Rome.

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