‹ Rome et ses papesChapitre 129 sur 197 · LIVRE H , CHAPITRE I · texte numérisé non relu

LIVRE H , CHAPITRE I

jetés sur la véritable acception ie l'autorité spirituelle , ces prélats et ces moines que le gouvernement féodal avait rendus souverains n'étaient plus de saison. Au commencement , les réformateurs tentèrent seulement de corriger ; ils demandèrent la communion sous les deux espèces du pain et du vin , l'abolition de la doctrine du purgatoire, des vœux monastiques, etc. et dissertèrent longuement sur le libre arbitre et les indulgences. La ténacité du siège romain exaspéra leur ardeur. Peu à peu ils firent un tout des restrictions et des lacunes de l'église et de la discipline catholiques ; puis enfin des corrections d'une croyance une autre croyance naquit , qui , plus simple en apparence et plus familière dans ses rapports avec l'homme , le suivant et le protégeant dans ses progrès , sembla mettre le sentiment religieux , immobile et stable depuis si long-temps., au niveau de l'humamté contemporaine. Ainsi donc , à vrai dire , le protestan- . tisme ne fut autre chose que la phase religieuse que le catholicisme eût graduellement atteinte , si , éloignant ce caractère de fixité incompatible avec tout ce qui tient à .l'homme , il eût su s'adapter à l'esprit des siècles , et marcher avec eux comme la féodalité et le pouvoir des rois. Léon mourut , accusé d'avoir nié l'existence

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de Dieu et l'immortalité de l'ame : c'est lui qui

dit au cardinal Bembo que l'Evangile était un tissu de contes. — Une fois le népotisme faillit lui devenir fatal : ayant conçu la coupable pensée d'arracher le duché d'Urbin à la famille Délia Rovère , une lutte à mort s'engagea entre ■ le persécuteur et l'opprimé ; des complots , des trames de sicaires furent salariés de part et d'autre ; des prélats et des grands furent écartelés , et le duc d'Urbin fut contraint de se réfugier en France.

Le premier moyen de ce pontife était la mauvaise foi ; il la disait permise en politique : aussi trahit il tour à tour les princes dont il fut l'allié. — Gomme tant d'autres papes , Léon enrichit les siens. Une de ses bulles autorisait les électeurs conclavistes à partager entre eux les bénéfices de l'élu ; elle est remarquable en ce qu'elle semble faite pour un de ses neveux , homme opulent , qu'on dépouilla de la sorte par la dignité sùpréme. Il sera pape sous le nom de Clément VIL — Léon X, pour fortifier son pouvoir , créa jusqu'à trente-neuf cardinaux dans un seul consistoire. Comme chaque nouveau titulaire payait un droit de sceau pro jure cardinalitiï, le saint-siége , tout en consolidant son éclat , alimentait ainsi ses trésors.

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