‹ Rome et ses papesChapitre 132 sur 197 · LIVRE II , CHAPITRE II · texte numérisé non relu

LIVRE II , CHAPITRE II

La guerre continuait avec activité! Léon X , qui ne voulait pas que les Français possédassent un pouce de terre en Italie , avait aide' les Impériaux à les repousser; on assure même qu'il était mort d'un accès de joie en apprenant leur défaite. Quoi qu'il en soit , Clément em-. brassa le parti des vaincus. Delà cette ligue sainte qui enfanta le sac de Rome par un Bourbon transfuge. La métropole chrétienne fut livrée au pillage pendant deux mois , et le saintpère , prisonnier dans le château Saint-Ange , se vit contraint de mettre le cardinalat à l'encan pour amasser le prix de sa rançon. Dans cette triste conjoncture, l'hypocrite Charles- Quint ordonnait des prières publiques pour la libération du pontife , et le blocus ne cessait . point [1527]. Enfin le pape corrompit ses gardes , s'évada , et les lansquenets s'enfuirent avec leur butin. — La peste affligeait Rome; toute l'Italie était consternée. Les Vénitiens , devenus les alliés de l'Empire , portaient de toutes parts la flamme et le carnage. Florence', en appre-

que j'ai reçu l'extrême-onction. » Son épitaphe portait qu'il calomnia tout le monde et qu'il n'excepta que Dieu , parce qu'il ne le connaissait pas.

(Mazucchelli , Storia deW Aret. )

nant la disgrâce du pape , avait de nouveau chasse les Médicis et mis en pièces leurs statues. La paix se fit , et l'empereur , un peu par pitié , mais plus par politique , devint l'ami de Clément VII. Florence assiégée , réduite après onze mois de tranchée , fut transformée en duché au profit d'un Médicis , et la république fut à jamais renversée. Rien pour rien. Le pape reconnaissant cimenta l'union du nouveau duc son parent avec une bâtarde de Charles-Quint. — Rome gagna encore à tous ces troubles , et cette guerre , pendant laquelle l'empereur avait eu en sa puissance un souverain pontife et un roi de France , remplit seulement les coffrés du vainqueur , et n'offrit au monde qu'une longue suite de fanfaronnades et de parjures. — [1529.3 La paix se fit , parce que les souverains d'Europe se réunissaient pour balancer la force du pouvoir espagnol , et Charles-Quint vint au Vatican baiser à son tour les pieds de l'homme auquel il avait vendu la liberté et se faire couronner par son ancien captif.

Cependant l'hérésie de Luther faisait d'immenses progrès , et toutes les vieilles idées qui , en matière de religion , avaient régné jusquelà sans obstacle , étaient vigoureusement ébranlées. — A la voix de Zuingle , une grande por-

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