‹ Rome et ses papesChapitre 133 sur 197 · LIVBE II , CHAPITRE II · texte numérisé non relu

LIVBE II , CHAPITRE II

tion de la Suisse avait par acclamation la réforme. Un événement plus important accrut l'audace de ceux qui la prêchaient.

La reine d'Angleterre était du sang de Charles-Quint. Henri VIII s'en lasse , veut épouser sa maîtresse et s'adresse au pape. Celui-ci craint d'offenser l'empereur ; il hésite , diffère , et ne conclut point. [ 1 53o et suiv. ] Henri- se fâche , ohasse son vieux ministre Wolsey , soumet la question de légalité à toutes les universités de l'Europe , intrigue, corrompt, et malgré l'empereur obtient gain de cause dans les collèges de France et d'Italie. — Sa femme était la veuve de son frère ; il prétendait qu'il y avait inceste; il invoquait le Lévitique , "et les plus savants hommes de l'Europe déclarèrent complaisamment la défectuosité capitale. Fort de cette décision , le roi épotose secrètement Anne de Boleyn , et fait bientôt annuler son premier mariage par l'archevêque Cranmer , son nouveau ministre. Rome murmure, menace. Le prince alors poussé à bout prononce publiquement son divorce avec la tiare , et se proclame seul chef de l'Église anglicane. Bien plus , le parlement ratifie, ce titre. Biffant le nom du pape de ses lois et de ses prières , il reporte sur la tête de Henri les bénéfices et les annates dont

adopté

jouissait le saint-père, et , dans le laps de quelques heures , le colosse de la puissance papale s'écroule et s'abîme sans secousse et sans efforts. Cette affaire rut grave ; elle trahit la fragilité du saint-siége. Toute une nation prêta serment à un pontife laïque , et le culte , quoiqu'étranger à la direction primitive , ne s'éteignit point. — Ainsi le caprice d'un roi fit en un instant ce que n'avaient pu faire les exactions , les collée-, tes , et les vieux désordres de la cour papale.

En Suède aussi , le Néron du nord , secondé dans ses méfaits par l'un de ces archevêques d'Upsal qui ne surent qu'opprimer et sévir, avait amené une révolution heureuse. Christiern II et Troll , arrêtés par un sénat énergique dans leurs déprédations sanglantes, avaient imaginé d'obtenir une bulle du pape Léon X contre ce corps illustre. La* sentence était arrivée; mais dans l'intervalle le tyran et le prêtre avaient juré sur l'hostie la paix et l'oubli du passé. Tout paraissait apaisé , lorsqu'un jour , pendant un repas au palais , l'évéque d'Upsal Troll entra brusquement avec la bulle et des satellites ; et des sénateurs , des prélats même furent inopinément égorgés. L'autorité des deux assassins s'était un moment affermie après ce lâche coup d'Etat; mais Gustave- Wasa avait

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