‹ Rome et ses papesChapitre 135 sur 197 · LIVRE II , CHAPITRE II · texte numérisé non relu

LIVRE II , CHAPITRE II

Le concile de Trente venait de s'assembler ; mais lorsque le bâtard de Paul , fait duc de Parme et de Plaisance , fut égorgé par les Plaisantins , l'empereur , comme suzerain de ces fiefs , ressaisit Plaisance , bien que l'héritier de ce bâtard , Octave Farnèse , fut l'époux de Marguerite d'Autriche , veuve du duc de Florence, et fille naturelle de Charles-Quint. Cette affaire jeta la discorde entre le pape et le monarque ; les opérations du concile furent entravées.

L'Italie était encore le théâtre de guerres sanglantes. — La France avait eu le bon esprit de s'allier , tantôt aux réformés d'Allemagne , tantôt au corsaire Barberousse , contre l'astucieux Charles V ; et François I er , l'ami de Soliman , l'allié des infidèles , autorisait dans ses foyers des auto-dafé d'hérétiques. Les luthériens étaient brûlés à petit feu par ordre des parlements.

Dans la Provence , des bourgades de Vaudois étaient juridiquement immolés , et par une contradiction monstrueuse , des propres courtisans du monarque , toute la cour de la reine de Navarre sa sœur étaient hautement calvinistes. — .

après la mort de ce pape. — Voir en outre Llorente , Port, politiq. des Papes y H, 206, qui cite le même auteur.

iSo ROME ET SES PAPES.

Le pape encourageait les massacres. Méprisant la voie de la clémence , la seule évidemment efficace , il les imposait en maître à toute l'Europe catholique. — Une fois Paul III céda au vœu émis par quelques hommeâ vertueux au • .

sujet de la discipline et des abus. Une commission exploratrice fut nommée ; mais la commission fit trop consciencieusement son devoir. Le tableau des saletés qui souillaient la cour pon- ^ tificale , la revue des vices sans nombre et tous utiles firent reculer le pontife , lui présentèrent la destruction du mal comme un .aveu avilissant de ce mal , et le remède avorta. C'est ainsi qu'après avoir convoqué le concile de Trente, il trouva le lieu de réunion trop lointain , et prit le prétexte d'une maladie contagieuse qui affligeait cette ville pour ordonner la translation à Bologne. — Les Pères mécontents protestèrent : le concile demeura suspendu et indéfiniment prorogé [i546].

Luther était mort lorsque l'assemblée de Trente condamna sa mémoire et ses doctrines f mais le schisme se propageait , jetait de profondes racines, et l'acte d'une conversion sincère , qui , de la part de Home, pouvait seul arrêter le torrent , ne s'opérait point. — Toutefois, en Angleterre, les dogmes de la réforme étaient

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