LIVRE II , CHAPITRE II
contre les détracteurs du pape et de ses droits prétendus l . Sous son règne aussi fut promuU guée la bulle de constitution des jésuites , hommes insinuants et habiles qui reconnaissaient le pape pour chef, 'et que le saint-siége enrégimenta pour suppléer au discrédit des moines.
Nous verrons bientôt leur fondateur , Ignace de Loyola r canonisé par Rome, et ses nombreux disciples puissants dans les palais des rois. Les jésuites faisaient vœu d'obéir exclusivement au pape. Paul fixa le nombre des profès à soixante, mais cette restriction ne fut guère observée que durant trois années.
[i549«] Après lui vint un Romain , Jules III , qui attisa par sa conduite les déclamations des réformateurs. Enclin au plus honteux des vices , il osa créer cardinal un serviteur de son palais, son compagnon de débauche, et lui donna son propre titre. Les désœuvrés plaisantèrent ; Pasquin railla : ce fut là toute la vengeance romaine. Ce Pasquin était une statue colossale ( celle de Ménélas , dit-on ) , découverte sous le laboratoire d'un artisan de ce nom , célèbre au commencement du siècle par son esprit satirique. Elle gisait mutilée et étendue sur une
1 Clément XIV en supprima la publication.
a86 ROME ET SES PAPES.
place de Rome , et c'était là que les mécontents •venaient déposer le fiel de leurs sarcasmes. Pas- (juin railla donc; mais en vain. Un pontife avait déjà autorisé la pédérastie pendant les trois mois de l'été ; on y étaitjjccoutumé. Les Arabes rimaillaient des volumes entiers pour décrier ce penchant tinfame;* mais les Arabes étaient des barbares. Un évêque , Giovanni délia Casa , le chanta en latin , et le pape Jules III accueillit la dédicace du poème *. .
Jules excommunia le roi de Francé Henri II, parce que ce prince favorisait le duc de Parme , tandis que Rome voulait que Parme revînt à l'Eglise. Henri méprisa ses censures , et le ré* duisit au silence en publiant un édit qui défendait à tout Français de s'adresser au saint-siége. Une telle mesure rendait les prélats diocésains indépendants et souverains : le pontife se rétracta donc. — Il avait présidé le concile de Trente ; il le rétablit. Mais Un cardinal fut as-
1 Outre Pasquin il y avait un autre dieu populaire, nommé Marforio , qu'on voit de nos jours au Capitole. C'est, croit-on, la statue de l'Océan. Elle est mieux conservée que la première ; ses proportions sont aussi plus belles. — Voir, au sujet de Jules III, la chronique de Paul Vergio , Panvinio , Masson et tant d'autres.