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sassiné en Hongrie ; il fallut excommunier le frère de Charles-Quint , Ferdinand , auteur supposé de ce meurtre. Les Turcs approchèrent ; le roi très-chrétien prêta ses armes aux protestants , et l'assemblée tremblante quitta Trente et prit la fuite comme une armée rompue. — On l'oublia.
Pendant* son pontificat, Jules. III s'appliqua à restaurer des églises ; on lui doit l'achèvement du Capitole moderne , que Paul III avait fait commencer sous les auspices du fameux Michel- Ange. Il mourut plus accablé de mépris que de haine , et les Romains diffamèrent sa mémoire comme lui-même avait diffamé sa vie K
[1 555.] La clameur publique enfanta peutêtre un bon prince. Marcel II , cardinal de Sainte-Croix, prêtre juste, austère et d'une probité vigoureuse, fut intronisé par le conclave. Avec les trop longues années du règne d'Alexandre VI , il pouvait restituer à l'Église le •lustre de son premier âge. Mais la "faux qui épargne les monstres l'atteignit , et Marcel expira de mort violente après trois semaines de ponti-
1 C'est eu i553 , ainsi qu'on le voit dans le Recueil de bulles de Pegna, que fut condamné le Thcdmud après audition de rabbins.
ficat. Le poison honora la victime. Ses remontrances sévères , ses projets de rëforme lui avaient attiré' l'aversion de ces adroits zélateurs qui pensaient que toute la force du pape résidait dans la conservation du mal , et que détruire ce mal était, se perdre. Sa vertu fut sa faute. — En parcourant les pages de cette histoire , l'imagination veut toujours voir dans Rome une commission vigilante chargée de tenir au faîte du trône .pontifical l'horrible épée de Damoclès.. — Excusons les méchants qui succédèrent à saint Pierre, en croyant qu'ils ne furent pas libres. On abusa d'eux.
Alors une nouvelle extraordinaire parcourait le monde. On répétait que l'empereur Charles- Quint , las du tumulte des cours , abandonnait le sceptre. Charles abdiqua ; et cet événement sembla calmer en Allemagne l'effervescence des guerres religieuses. Sa vaste monarchie fut divisée. Philippe II régnait en Espagne ; l'Empire échut à Ferdinand , et l'homme immense qui avait fait trembler des princes d'Europe , d'Afrique et de l'Asie , mourut , dit-on , de démence dans la retraite d'un moine [i556].
[i555]. Dans l'intervalle Paul IV , Napolitain , violent et dur , avait pris la place du malheureux Marcel ; il avait la hauteur arrogante
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des Grégoire et des Bonifaee ; il en usa sans succès. Les temps étaient changés , et la parole papale n'était plus qu'un levier fragile qui ployait sous le ridicule.
• Cependant le luthéranisme s'étendait sur l'Allemagne presque entière. Ses sectateurs nombreux organisaient des ligues , livraient des batailles ; ils avaient même conçu l'audacieux projet d'abaisser Charles-Quint. D'un autre côté , Calvin se montrait despote et farouche à Genève , comme Luther l'avait été en Saxe , comme Alexandre VI avait vépu dans Rome ; et les cantons de la Suisse divisée préludaient à cette lugubre succession de massacres religieux dont le sol chrétien allait bientôt s*e rougir.
Dans cette vie laborieuse et pleine de Charles- Quint , le prétexte d'une censure papale ne pouvait manquer. Paul IV , comme Napolitain , avait été le vassal de l'empereur ; mais le saintsiége se disait aussi suzerain du royaume de Naples. Paul , sur le motif allégué que les mouvances annuelles ne sont point acquittées , dépouille Philippe II de ce fief, et l'offre au* fils du roi de France , pourvu que Henri II consente à enrichir ses neveux , et à lui fournir des soldats. Charles abdique , et le saint-père refuse de confirmer Ferdinand, observant que ce prince,
étant roi des Romains , ne peut délaisser ce titre sans l'adhésion du pontife. 11 va plus loin , il attaque et conteste les droits des électeurs de
l'Empire , se prétend seul arbitre et juge , et lance ses foudres contre Charles , Philippe et le vice-roi de Naples. Sa colère éclate en vain. Henri Ha envoyé au pape le duc de Guise et des soldats. Le duc d'Albe les met en déroute , envahit la Romagne, fond des canons avec les* cloches des cités papales , et campe bientôt sous les murailles de Rome. Paul alors devient suppliant , invoque la médiation des Vénitiens , et le roi d'Espagne , signant généreusement la paix , rend au saint-siége les provinces conquises. Paul IV dans cette conjoncture agit dans l'intérêt de l'Italie ; il craignait son asservissement. Quand Philippe II trembla de voir la religion réformée pénétrer dans sa monarchie , il flatta Rome , l'entoura de respects , envoya le duc d'Albe baiser les pieds du pontife ; et Rome resta pendant long-temps la fidèle amie d'un monarque que ses contemporains accusaient de parricide -, de bigamie et de l'hypocrisie la plus lâche.
L'Angleterre, depuis la mort de son roi Henri VIII , était déchirée par des discordes civiles et religieuses. Sous le règne d'Edouard , qui ne fit qu'effleurer le trône ensanglanté de