LIVRE II , CHAPITRE III. 3c
Le carnage fat grand ; les femmes , * les enfants et les moines défendaient les murailles. La famine devint affreuse ; mais l'auteur du fléau faisait passer des vivres aux assiégés. Là Henri-le-Grand ^e fit connaître , et'les Français apprirent à l'aimer. — Le duc de Parme , Farnèse, fit lever le siège.
En Angleterre le grandnom d'Elisabeth achevait de disperser les catholiques. L'Irlande et l'Ecosse étaient sans cesse dans l'agitation , et les papistes y excitaient des complots-, pendant qu'une reine , malheureuse et belle , semblait gémir prisonnière comme ôtage de la tranquillité commune, A la fin l'insurrection approcha du trône et Marie-Stuart périt , expiant par son supplice les fautes de ses zélés partisans et la haine inquiète d'une rivale.
Rome gronda , mais Elisabeth , sœur de sa victime , était aussi la fille de Henri ¥111 , et les foudres de Sixte vinrent s'émousser à ses piçds.
En même temps Philippe II , le héros de.
l'inquisition , non content de fomenter par son or les troubles de la Ligue et de convoiter la couronne de France , voulait encore abattre Élisabeth. Une flotte formidable, dite l'invincibile armada , était partie d'Espagne riche des
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indulgences et des censures papales. Une bulle du saint-siége investissait Philippe du sceptre de la Grande-Bretagne. Sixte-Quint demandait en holocauste la tête des protestants anglais , brisait les serments , et imposait le meurtre comme pénitence aux convertis ; et aux orthodoxes , comme une condition de salut. La bulle fit rire. Une tempête ébranla la flotte invincible , et le bras d'Elisabeth l'acheva. Ainsi le eiel lui-même concourut à humilier le pape et le despote K
Des auteurs cependant prétendent que Sixte- Quint périt assassiné par un émissaire de PJulippe II d'Espagne. On publia un matin qu'on l'avait trouvé étouffé dans son lit. Les jésuites furent inculpés par l'opinion, car Sixte V, * sans les persécuter , ne se prêtait point assez violemment à leurs vues d'envahissement et d'orgueil.'
Ce pontife eut les défauts des méchants papes , et Rome elle-même prétendit que le diable seul l'avait étranglé. Il avait de l'esprit , et brillait surtout par la fermeté et le sang-froid.
i La flotte d'Elisabeth était commandée par Raleagh , Drake , Howard , etc.