LIVRE H , CHAPITRE IV. ôl
gne célèbre par des travaux utiles et magnifiques ; il est le fondateur des fontaines de San-* Piétro-Montorio et Paolina , la plus abondante de Rome. La première est composée des marbres du beau fronton du temple de Pallas ; la seconde de six colonnes ioniques de granit rouge enlevées au forum de Nerva. — Sous son administration furent enfin terminés , par Carlo Maderno, le portique et la façade de Saint- Pierre. — Les dépenses totales de ce monument étaient alors d'environ trente millions d'écus romains.
[162 1.] Grégoire XV succéda à Paul. Pape pendant deux années , il se fit remarquer par un système continu d'intolérance et de sang. Comme son prédécesseur , il avait des parents avides et mit à leur merci les trésors de saint Pierre et l'exercice du pouvoir absolu. — Ses neveux , reconnaissants , construisirent un temple magnifique qu'ils dédièrent à Ignace de Loyola.
Ferdinand II régnait en Allemagne, Louis XI II en France , Philippe IV en Espagne , Jacques I er en Angleterre et Gustave-Adolphe en Suède.
Sur ces entrefaites , les protestants de la Hongrie et de la Bohême s'étaient spontanément soulevés contre Ferdinand. On avait vu les prêtres égorgés , les églises orthodoxes pillées , et
3i8 BOME ET SES PAPES.
les Vénitiens , sacrifiant le préjugé de schisme à leur sécurité privée , prêts à se ranger contre l'Empire sous les drapeaux des Turcs. Mais l'empereur triompha. A leur tour les protestants furent extermines et Ton entendit Grégoire exhortant des monarques à dresser des potences , conseiller au duc de Savoie le carnage des Genévois et le sac de leurs demeures , puis demander la tête de ces Français calvinistes qui s'insurgeaient sous Louis XIII et ne rentraient dans l'ordre qu'après des traites de pair à pair. — Grégoire mourut criminel parce qu'il appuya sa misanthropie politique sur les textes de la Sainte-Ecriture , et qu'à l'exemple de tant d'autres pontifes il la faussa pour être pape.
Dans un gouvernement électif, quand trop de familles deviennent puissantes , la chose publique périclite. A Rome le népotisme des papes avait, par sa prodigalité, multiplié les influences. A chaque élection nouvelle les factions aspirant au pouvoir voyaient leur nombre se grossir, et il était rare que des troubles plus ou moins graves ne signalassent pas l'interrègne.
[i6a3.] Après Grégoire , trois candidats se présentent , les cardinaux se divisent ; la populace prend part à l'hésitation du sacré collège , vocifère , assassine et pille , et des attentats de