‹ Rome et ses papesChapitre 157 sur 197 · LIVBE II , CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

LIVBE II , CHAPITRE IV

toute espèce ensanglantent la métropole chrétienne. — 11 fallait une fin. — Un jour des cardinaux , des évêques et des abbés furent trouvés morts dans le conclave. — Urbain VIII , Barberini fut ensuite élu sans obstacle. — ■ La France , Venise et la Savoie le protégeaient ; l'Espagne avait voulu récarter ; Urbain s'en vengea.

Jet tons ici un coup d'oeil sur quelques portions de l'Europe.

L'Allemagne , vaste république des princes , sans industrie , sans richesse , toujours désunie par la pluralité de religions et d'intérêts , perdait insensiblement toute importance au dehors et n'était plus que pour bien peu dans la balance européenne. Soit effet de désuétude , soit faiblesse des uns et des autres , ces antiques prétentions des empereurs et des papes dormaient. L'Empire avait pu séculariser d'immenses évêchés mais il avait perdu ses provinces , et ies seigneurs avaient de plus en force ce que le prince avait de moins. — [1576-1612.] Après Maximilien II , son fils Rodolphe II s'était vu réduit à mendier pour lever des troupes et tenir tête aux Turcs. Il avait ensuite démembré la monarchie au profit de son frère Mathias , préférant aux charges du sceptre l'étude de la phi- . losophie et des arts , et le plaisir de protéger

33o ROME ET SES PAPES.

les savants. — Cependant les ligues protestantes et catholiques jonchaient de cadavres l'ancien domaine des Othons. La Bohême, l'Autriche et la Hongrie étaient en pleine guerre civile, et quelquefois des associations frénétiques, oubliant leur fin première , substituant l'égoïsme à . la religion , se tournaient fièrement vers le trône afin d'en obtenir non cette liberté si noble , que l'expérience a définie , mais bien la liberté du moyen âge , c'est-à-dire la toute-puissance des seigneurs. De là ces diètes , ces états , autour desquels végéteront pendant encore des siècles , des nations de serfs , dignes en tout de l'âge d'or de la féodalité. — Un jour les Bohémiens offrirent leur couronne à l'électeur Palatin. L'empereur Ferdinand II régnait. Il s'irrita ; déclara l'électeur déchu de tous droits et biens , et là fut le principe de la guerre de trente ans. — Ferdinand , ombre de Charles-Quint , vainquit les protestants , comprima l'Italie , se déclara protecteur du culte , et sembla pendant longtemps l'arbitre de l'Europe entière. Ses généraux, ses victoires l'avaient rendu terrible. Mais un roi de Suède , Gustave-Adolphe-, attiré par la ligue , poussé par les puissances jalouses , vint culbuter ses armées [i63i]. L'Empereur à son tour trembla pour ses provinces. Il s'adressa au pon-

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