LIVRE II , CHAPITRE IV
vés par le Vatican , virent bien que Philippe II ne régnait plus. — Alors on accusa le ministre ; on lui imputa même le crime d'avoir introduit des empoisonneurs dans le palais des papes.
Rome récompensa par le chapeau de cardinal le dévouement de Richelieu, et celui-ci de son côté chassa les protestants des places que l'édit de Nantes leur avait réservées. Le saint-père avait condamné Galilée comme coupable d'avoir bouleversé les miracles , Richelieu tourmenta Descartes. Plus heureux qu'Olivarès, il mourut ministre , haï des grands qu'il humilia , et redouté du roi son esclave.
L'Angleterre depuis Elisabeth était en proie à la plus vive tourmente. Le sentiment religieux n'y était plus , à vrai dire , prédominant ; il se fondait insensiblement dans celui de la liberté , qui fermentait dans les esprits. Là, plus que partout ailleurs, le cours des choses avait imprimé à la pensée un mouvement sain et vigoureux. L'étude étendait la sphère des idées , et les éléments ne manquaient pas.
D'abord les catholiques avaient cru trouver dans Jacques I er un protecteur zélé , iLs virent bientôt qu'ils s'étaient trompés. Jacques ordonna l'exécution des lois , blessa les papistes , et les papistes conspirèrent. Un jésuite ayant
fait entendre que , pour le bien de l'Église , l'innocent devait périr avec le coupable , ils jurèrent la ruine du parlement et de la famille royale. Le sacrement de l'eucharistie scella leurs serments. Un profond scélérat , membre pourtant d'une compagnie dite de Jésus , le P. Carnet , leur accorda d'avance absolution plénière. Des barils foudre furent placés sous la ehambre des communes , et l'heure de l'explosion était proche quand le ciel permit qu'on découvrît le complot. Les complices périrent par la main du bourreau. Deux jésuites aussi furent ^ pendus ; ce sont eux que des insensés ont révérés long-temps comme martyrs. Garnet en était un.
Cependant une nouvelle secte s'établissait dans le royaume , plus voisine des réformés que des catholiques , exaltée , austère , républicaine , confondant tout dans l'ordre social , et se nourrissant parfois de visions superstitieuses et extatiques'; c'était celle des puritains. A Jacques avait succédé Charles I er , homme indécis , favorisant tour à tour les anglicans et les catholiques. Les puritains repoussaient les évêques et voulaient l'abolition des cérémonies du culte ; Charles soutint ces dernières , en prescrivit sévèrement l'observation, confia l'exécution de