‹ Rome et ses papesChapitre 160 sur 197 · LIVRE II, CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

LIVRE II, CHAPITRE IV

ses ordres à la chambre étoilée , tribunal monstrueux puisqu'il était indépendant des lois , et les proscriptions commencèrent. Les puritains furent -persécutés , plusieurs passèrent en Amérique. Bientôt les ordonnances royales s'étendirent sur l'Ecosse. En vain y lurent-elles couvertes d'imprécations , le roi Charles ne voyait dans l'imposition de sa volonté que l'usage d'un droit de sa naissance. Il persévéra , et les puritains , courant aux armes , firent entre eux un traité d'union ( le Covenant) ayant pour but la défense des privilèges de l'homme et le triomphe de leur croyance. — Le roi , sans argent , réduit à enrégimenter des catholiques , traite avec lés rebelles , marche contre eux , revient sur ses pas , et la guerre civile semble d'abord s'éteindre faute d'aliment. Le long parlement est enfin convoqué pour obtenir des subsides ; mais ses membres , ne voyant que des amis dans les puritains révoltés , les refusent. Enhardis par la faiblesse du monarque , ils accusent et font périr son premier ministre Strafford , renversent d'un seul coup la cour de haute commission et la chambre étoilée , et finissent par démolir pièce à pièce tout l'édifice du pouvoir royal. — La nation était dans l'enthousiasme ; elle s'associait aux travaux du parlement , car

le parlement , c'était elle. Les catholiques d'Irlande remarquèrent cet état d'enivrement et de crise. Une occasion propice s'offrait de renouveler la Saint-Barthélemi française ; ils ourdirent donc une trame immense , organisèrent un plan d'insurrection générale, et plus de quarante mille Anglais réformés furent lâchement immolés. Dublin dut son salut à la vigilance de ses magistrats ; mais dans la plus grande partie de l'Irlande le carnage fut affreux. Aux cris des prêtres , le frère égorgeait son frère , et le serviteur son maître. Le bruit courut que le roi avait conseillé le massacre , qu'une bulle romaine , en le sanctifiant , avait promis le ciel aux assassins. Quoi qu'il en soit, cette catastrophe acheva d'envenimer le républicanisme des puritains et des communes. Peu à peu , le long parlement envahit chaque branche de la puissance exécutive , et la guerre civile éclata sur tous les points. Le parlement détruisit l'épiscopat , la liturgie , et la religion réformée finit par disparaître sous le puritanisme.

En même temps d'autres sectateurs , les presbytériens et les indépendants , venaient accroître la confusion. Les premiers demandaient des prêtres nommés par le peuple, les seconds soutenaiei^ue l'homme devait prier à sa mauière.

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