CHAPITRE CINQUIÈME
Alexandre VIL —Louis XIV humilie le saintsiège. — Alexandre VII , protecteur des beaux-arts. — Clément IX bon pape. Clément X. — Troubles dans le conclave. — Innocent XI 9 chéri des Romains. — Propositions gallicanes. Persécutions religieuses en France. —- Alexandre VIII. — Innôcent XII , pontife vertueux et sage. — Prohibe le népotisme. — Dix-septième siècle.
Rome commit souvent de grandes fautes en se plaçant sous le bon plaisir d'une influence étrangère. Elle s'obligeait par-là à des ménagements qui ne concordaient plus avec la sévérité qu'elle déployait envers les États neutres. Son autorité devait être uniforme , et jamais exceptionnelle , dans ses doctrines et dans ses actes. Il fallait pour la soutenir d'autres moyens que ceux qui l'avaient formée , car le monde était changé autour d'elle.
A la mort d'Innocent X , trois partis divi^ saient le conclave. Les deux premiers , fomentes séparément par Y Autriche et la France , demandaient respectivement un pontife ami de leur maître. Le troisième portait une créature du pape défunt. Les deux derniers se rallièrent à la voix du prêtre astucieux qui gouvernait la France , et Alexandre VII , cardinal de la maison Chigi \ réunit la majorité des suffrages [i655].
Alexandre était de bonne foi ; malheureusement sa faiblesse le rendit esclave de suggestions perfides. — Les Romains s'étaient ouvertement déchaînés contre le népotisme des derniers papes. Alexandre , par déférence , écarta sa famille. Mais un jour l'absence des siens le fatigue ; il a besoin de les revoir , et consulte sur le parti à prendre un jésuite qui lui tient lieu de confesseur, « Vous avez juré , répond le moine impudent , de ne pas recevoir vos parents dans Rome : allez au-devant d'eux , et recevez-les hors des portes. » L'expédient fut goûté et les Chigi revinrent. Voilà l'esprit du jésuitisme. Des pasquinades éphémères signalèrent seules l'indignation romaine.
Alexandre condamna les cinq propositions de Jansénius , évêque d'Ypres , qu'Innocent X