‹ Rome et ses papesChapitre 166 sur 197 · LIVRE II, CHAPITRE V · texte numérisé non relu

LIVRE II, CHAPITRE V

avait avant lui combattues. — Il favorisa beaucoup les jésuites français , qui soutenaient , contrairement à ceux d'Espagne , l'infaillibilité universelle du saint-siége et même sa suprématie sur les conciles œcuméniques. Par ses soins , les Pères se rétablirent sur le sol vénitien , et le pape , én revanche , concéda à la république obéissante tous les biens-fonds des couvents supprimés.

Louis XIV élevait alors en France la puissance absolue au plus haut degré de splendeur. Un matin la garde pontificale corse offensa dans Rome l'ambassadeur du roi très-chrétien, et Alexandre osa refuser la réparation de l'outrage. En vain le saint-père veut soumettre le différend aux têtes couronnées. Les rois se soutiennent ; leur cause est devenue commune : on ne l'écoute plus. A la fin , Louis XIV parle de vengeance , et le souverain pontife , tremblant au bruit du glaive , envoie des légats solliciter son pardon. Le jeune despote l'accorde , mais a la charge d'une satisfaction durable. 11 exige l'érection soudaine d'un monument expiatoire qui transmette à la postérité l'affront et le repentir , et la pyramide paraît au centre de la métropole catholique , symptôme de décrépitude , complément d'avilissement et de honte.

Pasquin plaisanta encore et la pyramide resta sur pied. Lorsque Alexandre VII quitta la \ie , elle tomba, parce que le peuple exécrait la mémoire de son prince , et pillait ses palais et ceux de sa famille.* — Ce n'était qu'après le dernier soupir de ses chefs , que Rome exhalait son ressentiment. Il semblait , durant leur existence, qu'elle lut contenue moins peut-être par l'idée de répression , que par la crainte d'altérer , dans l'opinion vulgaire , le pouvoir fragile et délicat qui partait de son sein.

Alexandre cependant sut encourager les arts et embellir la cité éternelle. Il aimait les lettres et déploya une grande pompe à l'occasion de l'arrivée dans ses murs de l'ex-reine Christine de Suède. — Le somptueux portique , chefd'œuvre de Bernini , qui entoure la place du Vatican , a immortalisé son règne. Il déblaya d'anciens monuments , rendit au Panthéon les colonnes qui lui manquaient , fonda la bibliothèque du collège de la Sapience, la fontaine à obélisque de la place .Minerve , et répara des églises. Clément IX et Clément X vinrent après lui [1667-76]. f f ^iv^^^ '

Le premier , Rospigliosi de nom , homme de paix et d'équité , se présenta noblement comme conciliateur dans la querelle des jansénistes et

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