LIVRE II, CHAPITRE V. ôqy
des molinistes , et illustra sa courte vie par la douce modération d'un pasteur chrétien. — A sa mort , le conclave était plein de factions qu'alimentaient ou les cours du dehors , ou les familles des derniers papes. La chaire des apôtres était vacante depuis huit mois , lorsqu'un vieillard vénérable fut proclamé par voie d'inspiration, et reconnu pour mettre un terme au désordre. Clément X avait quatre-vingts ans ; le temps l'avait usé ? chaque instant l'enfonçait dans la tombe. Incapable de vouloir et d'agir , à défaut de parent , il adopta un étranger qu'il fit cardinal-premier-ministre , et se déchargea sur lui du fardeau de la papauté. Les grands se plaignirent, mais sans cesse à Rome la certitude d'un changement prochain contenait le murmure. Si les abus furent grands , Clément X ne régnait point , et c'est le favori que l'histoire réprouve. — Le vieux pontife était charitable ; il embellit beaucoup de temples pour se concilier l'affection du peuple. C'est lui qui consacra l'amphithéâtre Flavien à la mémoire des martyrs , et à la passion du Christ.
[1676.] Innocent XI , Odescalchi , lui succéda. Prélat intègre et juste , il fut presque canonisé par les Romains , parce qu'il ne fit rien pour ses neveux. Sous sa main, les trésors de
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l'Église reçurent une destination pieuse et bienfaisante. Le commerce prit de l'activité , l'indi-* gence sembla plus rare , et le saint-père éleva des hospices où les enfants pauvres et les femmes âgées trouvèrent un asyle et des consolations. Le peuple n'est point ingrat. Quand Innocent expira, la populace éplorée força les portes du palais , et dans un saint enthousiasme se disputa lps lambeaux de ses vêtements. Voilà la gloire des princes. C'est dans l'hommage populaire qu'elle brille , et non dans la préconisation des moines. — Innocent tonna contre les quiétistes , coterie illibérale et contemplative , écrasant l'intelligence humaine sous une disposition stupide d'indifférence et de résignation. Honneur à la mémoire du pape bienfaisant et philosophe.
[1682.] Sous son pontificat, retentirent en Europe les quatre propositions célèbres qui forment la base des libertés de l'Eglise française. Elles sont connues. En substance , elles déclarent que le pape ne peut jamais intervenir au temporel , déposer des rois et rompre des serments ; que le pape, inférieur aux conciles généraux , doit suivre leurs canons, et que seul , isolé , il n'est point infaillible. — Cette importante déclaration , qui n'était autre que l'anti-