LIVRE I , CHAPITRE II
coûta. Le pape vint en France. Pépin fut sacré; mais ici l'onction sainte fut absolution et remède. Des faits nombreux attestent qu'elle n'était point encore une nécessité des sceptres.
Cependant, les Lombards tiennent encore la campagne de Rome. Amis des Francs sous Charles-Martel , vieux alliés de leurs chefs , ils se prêtent aux négociations. Astolphe , leur roi , a dans son camp le propre frère de Pépin , il en fait son ambassadeur. Toutefois il persiste à réclamer Ravenne et la Pentapole. Le pape reste opposant et la guerre s'allume.
[7 56.] Elle dura peu. Pépin bat d'abord les Lombards , réduit leur chef , et s'éloigne avec la promesse d'une restitution au saint-siége. La restitution n'a pas lieu : Astolphe , parjure , s'arme et assiège Rome. Pépin repasse les Alpes , chasse les Lombards des provinces en litige et les déclare vassaux et .tributaires des Francs.
Si la donation de Rome par Constantin à Sylvestre est apocryphe, ici commence la puissance temporelle des papes. Je dis puissance de droit , car celle de fait était née. Pépin fit remettre à Etienne les clefs des villes qu il avait réclamées ; mais Rome n'eut que le domaine utile , et le domaine direct restait aux Francs.
4o ROME ET SES PAPES.
Le saint-siege devenait , pour ainsi dire , fief.
Après Astôlphe, Didier gouverna les Lombards ; Paul I er avait succède à Etienne II [7^7]. Didier devait son sceptre à Pépin , et lui avait prête serment de vasselage et de fidélité. Honteux de sa dépendance et trop confiant en sa force , il renouvelle les prétentions d'Astolphe , ravage les provinces qu'il a perdues , et effraie Paul qui le menace. Paul était politique. Il appelait les Francs pendant qu'il contenait le roi lombard par de feintes promesses. Pidier céda. Des faits nombreux faisaient alors connaître au monde l'influence de la tiare. Pépin , l'ami d'un calife sarrasin , c'est-à-dire d'un infidèle , refusait sa fille à l'héritier de l'empereur Constantin-Copronyme. k Je suis , disait-il , l'ennemi des ennemis du pape , et le saint-siege m'interdit toute union avec des schismatiques. » Le duc de Bavière , à l'instigation de Didier , rebelle aux ordres de Pépin , s'adressait au pontife qui obtenait du maître la grâce du vassal. Pépin , de son côte , introduisait sou clergé comme ordre dans les assemblées publiques. Charles- Martel , au contraire , s'était hardiment emparé des biens de ce même clergé qui déjà possédait de son temps une vaste moitié de la France.
Des moines ont damné ce prince; mais qui ose-