‹ Rome et ses papesChapitre 18 sur 197 · LIVRE I , CHAPITRE II. A I · texte numérisé non relu

LIVRE I , CHAPITRE II. A I

rait soutenir que la source de cette possession était pure?

[767 .] Paul meurt , et le duc de Toscane élève son propre frère au trône de saint Pierre. La populace mutinée nomme un second pape; une faction puissante intervient et en élit un troisième. Le sang ruissela dans Rome , parce qu'il y eut triple schisme et triple division. EnfiR Etienne III , le dernier nommé , l'emporta sur ses concurrents , et le calme était revenu , quand Paul Alfiarte , ministre-roi sous Etienne , trahit son prince et projeta de livrer la ville aux Lombards dont il était l'ami. Mais Etienne expire : Adrien I er paraît et sauve Rome [772]. Par ses ordres , Alfiarte est arrêté , chargé de chaînes et traîné à Ravenne où l'archevêque le juge et le met à mort. C'est la justice , mais la justice exécutée par un crime.

A cette nouvelle , Didier furieux fond sur le patrimoine de l'église , et assiège Adrien dans sa capitale. Là il impose au pontife l'obligation de couronner les enfans de Carloman. Adrien oppose des délais. Il mande en secret à Charlemagne la cause de sa résistance et de ses maux , et Charles , comme Pépin son père , accourt , disperse les Lombards , soumet leur roi et l'Italie. La domination lombarde fut éteinte. Le

Al ROME ET SES PAPES*.

vainqueur , poussé' par Adrien , détrôna les enfans d'un frère, ^larloman, déjà mort empoisonné'. Rome stupéfaite et reconnaissante décerna à son libérateur les dignités d'exarque et de patrice , et , par réciprocité , le roi franc augmenta les dons de Pépin. L'église n'a donc pas tort en regardant Adrien comme son plus j.é\é protecteur ; mais l'histoire , qui dénonce les médians politiques , a justement couvert son nom du vernis de l'indignité. — Adrien éleva plusieurs églises de Home et particulièrement celle de Saint-Pierre in vinculis , à laquelle il fit présent de la chaîne qui lia cet apôtre dans la prison de Jérusalem K

[795.] Léon 111 lui succéda , et , rampant comme Adrien, il envoya à Charlemagne les clefs du tombeau de saint Pierre en hommage.

Les ennemis de son élection le blâmèrent ; un complot se fit , et Léon , attaqué dans une procession , fut terrassé , frappé et laissé pour mort. Sauvé par les siens , il implora Charles qui vint encore , le réintégra dans ses fonctions , écarta ses dénonciateurs, et reçut pour récompense le diadème de l'empire d'Occident.

I C'est dans cette église que se trouvent le cénotaphe de Jules II et la belle statue de Moïse, exécutés par Michel -Ange Buonarotti.

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