‹ Rome et ses papesChapitre 183 sur 197 · LIVRE II , CHAPITRE VU · texte numérisé non relu

LIVRE II , CHAPITRE VU

ciens gouvernements , de vieilles républiques , satisfaits de glorieux souvenirs et s'éteignant sans désespoir et presque sans regrets, , venaient se fondre dans la révolution française et s'associer avec confiance à l'avenir d'une régénération sanglante. Un fléau subit semblait avoir purgé la terre des moines , des jésuites , des couvents et des corporations oisives ; la naissance n'était plus que le droit de vivre , et le mérite seul distinguait le citoyen de ses concitoyens. La société paraissait respirer après une forte crise et de toutes parts on faisait des vœux pour la stabilité de l'ordre actuel , car on croyait le bonheur possible h cette, phase de l'état social. Cependant une vague incertitude attristait les esprits. Malgré soi l'on craignait encore. Tant de lau riers , tant de triomphes avaient engendré trop de héros : il y eut anarchie de gloire ; le plus heureux devint le plus avide , et le plus ambitieux le plus fort. Un jour un chef d'armée imita Cromwell , dispersa la représentation nationale , et extorqua , par la fraude , le pouvoir des mains de la nation. Alors la liberté succomba ; la France passa d'une ombre de républicanisme au despotisme d'un guerrier. Ainsi finit la révolution.

[1800.] A Pie VI succéda Chiaramonti ,

moine bénédictin , élu à Venise sous le nom de Pie VII. Le général Lannes , dit-on , lui avait promis la papauté , parce qu'il se montrait dé" mocrate. Bonaparte favorisa sa nomination.

Bientôt un homme 1 s'écria que la religion était un instruement utile dans les mains des gouvernants , aussi bien qu'une consolation pour Jes êtres faibles et les consciences timorées. Bonaparte était premier consul. Soudain les autels se relèvent , le culte est prescrit , et les prêtres non assermentés rentrent dans leurs diocèses. La juridiction papale, les rites et la hiérarchie ecclésiastiques sont reconstruits sur leurs anciennes bases ; de tous côtés des lettres pastorales , des mandements et des sermons retentissent des vertus du consul ; Pie VII luimême , dans un bref adulateur , le nomme le restaurateur du catholicisme et le comble de bénédictions [180 1-2]

1 Lucien Bonaparte.

2 Par la convention entre le gouvernement français et Pie VII , du 26 floréal , an IX.

Le premier consul nommait aux évêchés et le pape donnait l'institution canonique, (art. IV).

Les évêques juraient obéissance et fidélité au gouvernement établi , promettant de n'avoir aucune intelligence , de n'entretenir aucune ligue soit au dedans,

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