‹ Rome et ses papesChapitre 184 sur 197 · LIVRE II , CHAPITRE VII. Sjg · texte numérisé non relu

LIVRE II , CHAPITRE VII. Sjg

Bonaparte avait son plan. Comme tous les usurpateurs , il aspirait à fortifier sa puissance par le prisme du sceau divin [i8o4]- Peu satisfait du consulat , il prit le sceptre de Charlemagne ; l'année suivante il apposa sur sa tête la couronne de «fer des rois Lombards, et Pie VII , obéissant à ses vœux , vint sacrer de ses mains l'héritier des empereurs d'Occident.

Nous avons vu la pompe que ces princes , nés pour ainsi dire l'un pour l'autre , déployèrent .dans la capitale française. Le saintpère répéta l'antique formule introduite sous les rois fainéants ; et le guerrier , qui voulait qû'on ne supposât pas sur la terre qu'il

soit au dehors , qui fût contraire à la tranquillité publique ( art. VI). — L'État ne s'obligeait point à doter les chapitres et séminaires.

Les ecclésiastiques du deuxième ordre prêtaient le même serment entre les mains de l'autorité civile (art. VII).

La formule de prière était ainsi consentie :

Domine , salvam Jac rempublicam , Domine, saluosjac consules (art. VIII).

Les évêques nommaient aux cures , leur choix ne pouvait tomber que sur les personnes agréées par le gouvernement (art. X).

Le pape promettait de ne point inquiéter les acquéreurs de biens ecclésiastiques, etc. (art. XIII).

38û ROME ET SES PAPES.

tenait son pouvoir de Rome , saisit le diadème et se couronna lui-même En revanche , il imita Joseph II , et combla le pontife de dons et de respect. Là s'arrêta sa munificence. En vain Pie reclama, pour prix de sa condescendance , Avignon , Bologne , Ferrare , etc. ; la requête était tardive . elle n'était pins conditionnelle , un refus l'accueillit : car Napoléon n'avait fait Pie VII que pour s'en servir , et non pour lui donner des royaumes. A la fin , le saint-siége vit qu'il fallait ramper , et préféra l'ingratitude à l'esclavage. Jaloux du soldattyran qui l'avait créé , il s'aliéna le bras qui seul pouvait le soutenir; puis; détruisant son propre ouvrage , il voulut empêcher le clergé de France de pactiser avec le despotisme athée. Les censures , l'anathême reparurent ; mais l'homme du destin méprisait les foudres du moyen âge. Bientôt le siège apostolique s'écroula sur ses vieux fondements , et Rome n'eut plus de pape.

La querelle fut longue. Le saint-siége reproduisit les maximes surannées des pontifes les plus habiles , et on l'entendit demander que les bulles eussent force de loi en France , que les appels comme d'abus fussent abrogés et que l'enseignement des quatre propositions de

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