‹ Rome et ses papesChapitre 188 sur 197 · LIVRE II , CHAPITRE VII · texte numérisé non relu

LIVRE II , CHAPITRE VII

misérable exil au trône de leurs aïeux , il rentra, ébahi , dans l'intégrité de ses droits. — Ici je m'arrête , ma tâche est achevée. Ce temps nous touche et les annales sont trop pleines. A tant de troubles a succédé un calme factice et morne. Puissent les générations prochaines ne pas l'ébranler encore !

Pie Vil était probe, mais incapable. Ce qu'il a fait de bien comme gouvernant , ce qu'il a fait de blâmable et de maladroit comme prince , la postérité l'attribuera aux hommes qui le dirigèrent. Résigné dans le malheur, parce qu'il avait l'ame faible, et qu'il ne put sentir le poids de toute l'adversité , il passa dans l'oisiveté la. plus absolue les longues années de son séjour en France.

Dans ces jours de désastre où les moines espa" gnols abandonnaient la pénitence et la prière pour prêcher le meurtre et le commettre , Pie VII , dit-on , leur prêta l'appui de sa voix. Jusque-là la mauvaise fortune aliénait le viellard , et l'histoire , tout en blâmant le délit , épargne le coupable que le sort poursuivait.

Mais pourquoi cette bulle qui , au retour du roi Ferdinand VII, vint déclarer irrégulières les censures que ces moines homicides avaient encourues? Qu'a fait Pie VII afin d'arrêter ou punir les massacres des protestants de France ?

Pour complaire au despotisme , il excommunia les francs-maçons , les carbonari et jusqu'aux sociétés bibliques. Repoussant de sages exemples, on le vit accorder les jésuites à des princes dont ils avaient fait immoler les ancêtres , les reconnaître , les encourager dans Rome et travailler de tout son pouvoir à les multiplier dans le monde.

Pie , après l'amnistie , persécuta quelques opinions , et pourtant il eut la magnanimité ^'accorder un asyle à la famille de son ennemi déchu. Le peuple le regretta parce qu'il était bon ; le saint-siège doit révérer en lui l^homme qui sut acquérir au pontificat tout le lustre compatible avec la civilisation moderne et l'état de la raison humaine. Comme prince , il a le mérite de tous ces rois nouveaux qui , en reprenant la puissance après le laps d'une conquête paisible, surent la reconstituer sans la perdre. Rome en tout temps lui devra de la reconnaissance. Il continua les embellissements commencés sous un chef éphémère , et fit rentrer au Capitole les chefs-d'œuvre de l'antiquité que la victoire avait exportés. — Un jour peut-être Pie VII sera canonisé.

Les cendres de son successeur , Léon XII, sont encore chaudes (1829).

Dic

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