LIVRE I, CHAPITRE I. l
n'ont jamais existé , n'est pas moins équivoque que la conversion du prétendu donateur.
Cependant , avec l'agrandissement de la chrétienté , croissaient l'importance des métropolitains et l'imminence d'une anarchie continue. Constantin avait doté la basilique de Latran de rentes et de sommes considérables , il avait investi les chefs chrétiens d'une autorité éminente. Bientôt la nécessité de maintenir intact le dogme de l'unité de l'Église , les assembla. De là ces conciles, qui n'étaient autre chose quela réunion des sommités sacerdotales. On y fixait les articles de la. foi et les principes de la croyance commune. Déjà des assemblées de cette nature avaient longuement discuté sur le baptême , frappé des hérésies et décrété la consubstantialité du verbe de Dieu , la trinité^ l'incarnation , les symboles et les formules du culte. Force fut d'établir une discipline constante dans la hiérarchie des métropolitains. Par les conciles de Constantinople et de Calcédoine, les patriarcats furent réduits à cinq : Rome , Constantinople , Alexandrie , Antioche et Jérusalem. Le patriarche romain fut nommé le premier , mais comme primus inter pares. Ainsi la suprématie de l'Eglise resta en litige , et la discorde , loin d'être éteinte , ne fut que limitée.
l6 ROME ET SES PAPES.
Pendant que Rome faisait valoir la splendeur de son nom , les persécutions souffertes et l'urgence d'opposer aux hordes sauvages qui ravageaient l'Italie un frein spirituel qui compensât l'insuffisance des armes , l'empereur , par sa présence , contenait le patriarche de Constantinople , et les Perses inquiétaient les autres métropoles d'Orient. Peu a peu l'évêque de Rome , éloigné de l'empire , acquit une influence puissante par ses richesses et la sainteté de ses missions. Sirice [385] , qui le premier imposa le célibat aux prêtres , prit le nom de pape K Ce n'était point un titre inhérent a sa dignité , et jusqu'à Grégoire VII , qui , dans le onzième siècle , l'affecta au pasteur romain , plusieurs évêques le portèrent. L'orgueilleux Innocent I er et Léon-le-Grand vinrent à leur tour proclamer la priorité universelle de leur siège , tandis qu'à Constantinople les guerres extérieures , les intrigues de palais et la lutte entre les sectes naissantes et le paganisme expirant , voilaient les empiétements de l'Église romaine. Ainsi donc , la translation de l'empire à Constantinople fut le premier mobile de
1 Pape , en grec , père. Selon d'autres c'est
une abréviation de pater patrum.
Uigiti