LIVRE I , CHAPITRE" VI. 8l
des évêchés , c'est-à-dire un changement d'état qui d'indépendants qu'ils étaient , les subordonnait immédiatement au saint-siége. C'est ainsi qu'un fanatisme aveugle conduisait les •potentats eux-mêmes à payer un lien de plus et une franchise de moins. Henri II devait , pour une création semblable , un tribut annuel de cent marcs d'argent , et une haqueàée blanche m'agifiquement harnachée. — Les évêques ont eu vis-à-vis des papes la destinée des seigrfeurs vis-à-vis des rois. D'abord indépendants , les évêques et les seigneurs se mutinèrent quand les papes et les rois se firent forts. Lorsque ces derniers devinrent tout-puissants , les seigneurs et les évêques se soumirent , s'identifièrent avec la souveraineté , et se rendirent flatteurs et complices de. ce même pouvoir. Cette particu-
» riture soit maudite j que les restes de leur table ». soient maudits et que quiconque en goûtera soit
* maudit j que le prêtre qui leur offrirait le corps-et » le sang de Jésus-Christ et qui les visiterait dans » leurs maladies soit maudit et excommunié ; qu'il » en soit de même de ceux qui les porteraient à la
• sépulture ou qui prétendraient les ensevelir ; qu'ils » soient enfin maudits de toutes les malédictions » possibles. » Simonde de Sismohdi , Histoire des Français.
Si ROME ET SES PAPES.
larité est tranchante dans toutes les histoires.
Lorsque le fils de Hugiies-Capet , Robert , fut excommunié pour avoir épousé sa parente , le bon roi trembla , répudia Berthe , et cimenta sa réconciliation avec Rome par des pèlerinages . et quelques cruautés. A l'arrivée de la bulle d'anathëme en France , le roi s'était vu abandonné dans, son palais. Des serviteurs fidèles lui restaient ; aussi , disent des historiens , purifiaient-ils par l'action du feu ce que ses mains avaient touché. Je relate ces circonstances parce qu'il faut dire que Robert acheta sa grâce par l'homicide , parce qu'il faut dire encore que la cessation de cette interdiction monstrueuse valâit bien qu'on brûlât quelques Manichéens. Robert est un des excellents princes que la France ait eus. Mais alors beaucoup de crimes n'étaient pas même des erreurs , et la bonté était tenue pour l'apanage des niais. L'union de l'homme avec une parente éloignée l'exposait à des châtiments atroces , pendant qu'on rachetait pour quelques deniers le meurtre de son semblable. Ainsi , comme Robert , on pouvait effacer une faiblesse par un crime.
Il faut juger les individus par leur siècle.
Ici la raison humaine est toute brutale et toute violente. A nos yeux , l£s moins méchants