LIVRE. I , CHAPITRE VI
magne, en France et en Italie , on en remarque un , celui de Latran , en io5i , qui condamna inhumainement à être vendues comme esclaves, les malheureuses qui s'abandonnaient aux prêtres dans l'enceinte de Rome. Le but était louable , sans doute ; mais c'était ajouter le crime au crime. Le châtiment n'arrêtait pas le mal. Le prêtre achetait sa maîtresse. — Léon avait de bonnes mœurs.
Victor II , allemand , à l'exemple de son prédécesseur, conserva sans scrupule , après son in- * tronisation, ses be'ne'fices et son évêché. Un diacre romain" jeta du poison dans son calice ; mais à l'instant de l'élévation , le vase sacré resta attaché à la sainte table et le coupable consterné confessa son crime. Victor fut partiellement bon pape , car il poursuivit les simoniaques et sévit contre leurs excès. — Les annales de cette période parlent de «miracles et de nombreux prodiges. On y croyait; oublions-les néanmoins : les matériaux abondent. Depuis la réunion d'évêques qui obligea dans Rome même, en 998, le roi Robert de quitter sa parente qu'il avait épousée, plus de soixante conciles se sont tenus en Europe. Plusieurs en Allemagne, en France, en Angleterre , en Italie , ont eu pour fin principale la discipline ecclésiastique, la répression de lasimo-
nie , de l'incontinence des clercs , et leur nom-
bre est la preuve palpable de l'universalité du mal qu'ils frappaient. Quelques-uns ont réfuté des hérésies privées , condamné des détenteurs de biens ecclésiastiques , réglé les différends des évêques , et appaisé les querelles des princes et les souffrances des peuples en proclamant la trêve de Dieu. Souvent les monarques confirmaient leurs décrets ; souvent ces décrets étaient sages. Mais par malheur ces assemblées incohérentes et sans suite n'enfantaient que des lois mort-nées qui périssaient avec elles. Voilà pourquoi tant de conciles ont travaillé sur les mêmes thèmes , et répété sanfr cesse les mêmes sentences et les mêmes doctrines.
Pendant la miraorité de l'empereur Henri JV, Rome, ex proprio motu, élut pour son pontife le frère du duc de Lorraine Etienne IX. Ce pape aspirait à rendre le duc souverain de toute l'Italie , il vécut peu. Il était moine. .