CHAPITRE SEPTIEME
Puissance de l'autorité papale sous Nicolas II et Grégoire VII. — Ambition y audace de ce dernier. — Henri IV empereur d * Allemagne.
— Ses malheurs. — Schisme. — Pape empoisonne. — Première croisade sous-Urbain II.
[io58-59-] Etienne IX, avant de mourir, avait ordonné au peuple et au clergé romain de laisser le'siége vacant jusqu'au retour du diacre Hildebrand. Rome enfreint la défense, et élit un de ses évêqucs , Benoît X. Hildebrand arrive d'Orient, connaît la réserve fixée par le défunt , et octroie la tiare à Nicolas II. De là schisme et bouleversement , à la suite desquels l'élu du peuple est chassé pour faire place à l'élu d'un diacre.
Nicolas réunit des conciles. L'autorité impériale , que déjà les guerres civiles ébranlent , y est solennellement reniée ; les cardinaux s'ar-
rogent exclusivement le privilège de choisir les pontifes , décident que le dr8it de confirmation repose dans le peuple seul , et la cour d'Allemagne , régie par une tutèle de femme , laisse passer l'usurpation. Les Normands aussi, comme pour ajouter à la gloire romaine , ternissent le lustre de leurs armes , et s'abaissent devant le . saint-siége. Des prêtres rassemblés les investissent de ce qu'ils ont conquis. Ils deviennent les vassaux , les tributaires d'un pape , car l'offrande à l'Église est la ressource commune des faibles et des usurpateurs. — Ici commence le royaume de Naples. Naples et le Vatican, mus désormais par un même esprit vont miner à l'u- ' nisson cette suzeraineté de l'empire dont ils sont feudataires. Le successeur de Nicolas transférera aux Normands le domaine utile de toutes les terres de la Pouille , de la Calabre et de la Sicile , s'en réservant le domaine direct , au préjudice de l'Empereur , seul suzerain légitime.
[1060.] Après Nicolas II , les Romains appelèrent a la chaire pontificale cet Alexandre II qui envoya une bannière bénite à Guillaume de Normandie partant pour la conquête de l'Angleterre. L'impératrice Inès , mère et tutrice de Henri IV, offensée de n'avoir point été consultée , fit de son côté», consacrer Honoré IL Deux