‹ Rome et ses papesChapitre 60 sur 197 · LIVRE I , CHAPITRE X · texte numérisé non relu

LIVRE I , CHAPITRE X

et Alexandre lui donna l'Irlande , contrée barbare et misérable , qu'il vint sans peine à bout de conquérir. Bien plus , Henri , sous le prétexte de calmer le Seigneur , fit , pieds nus , le pélérinage de Cantorbéri , se prosterna saintement devant la châsse du béat , et se laissa fouetter par des moines. Fut-il mû par la politique ou par les remords ? Ce qui tranche , c'est l'immense pouvoir de4'Église. — Alors l'amitié de Rome était précieuse.

Dans l'intervalle , 4a concorde s'était rétablie entre l'empereur et le saint-père. L'anti-pape et Frédéric avaient abandonné le schisme , et Alexandre reconnaissant avait investi solennellement la république amie du domaine de l'A- ' driatique K De retour à Rome , il assembla un

1 Le pape donna au doge? un anneau , symbole du mariage. De là cette cérémonie profane du Sposalizio , qui , jusqu'à la fin du siècle dernier, se célébrait chaque année à Venise , le jour de l'Assomption sur le célèbre Bucentaurc. On dit que cette fête subsistait avant Fépoque d'Alexandre III et du doge Ziani ; mais on croit qu'elle n'avait encore rien d'allégorique. Les Vénitiens , enrichis par le commerce maritime , se disaient les maîtres de la mer, comme les chefs scaldes , dans les chants runiques , s'en prétendaient les rois.

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concile , qui annula les ordinations faites par les anti-papes et bouleversa ainsi toute l'Église. Les Vaudois y furent damnes ; mais le pasteur des chrétiens y demanda noblement l'abolition de la servitude. Hommage à sa mémoire. — Alexandre décida que la canonisation des saints ne pouvait partir que du siège apostolique , et éteignit ainsi ce droit de canoniser dont avaient si largement abusé les Eglises et les évêques pendant les neuf premiers siècles. Les Milanais élevèrent en son honneur la ville d* Alexandrie.

Après lui , Luce III vint , qui entreprit le ( renversement du sénat (i 181). Le peuple se révolta ; s'empara des partisans de la contre-révolution , leur arracha les yeux et les oreilles , et dans sa rage empoisonna jusqu'aux fontaines.

Adrien IV et Alexandre avaient judicieusement dédaigné un tel empiétement de pouvoir.

Luce , banni de Rome , quêta des subsides , implora tous les princes chrétiens , et vint jeter à Vérone ( 1 1 84) , les fondements de ce qu'on va nommer la -sainte inquisition. C'est le concile de cette ville qui rendit cet édit si monstrueux contre les ennemis de l'orthodoxie. Il y avait alors beaucoup de sectes , et, s'il est juste d'extraire du nombre et de la résignation des martyrs la preuve de bonté d'une croyance , plu-

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