‹ Rome et ses papesChapitre 70 sur 197 · LIVRE I , CHAPITRE XI. ifa · texte numérisé non relu

LIVRE I , CHAPITRE XI. ifa

En vain il veut armer l'Europe contre Frédéric , l'Europe ne s'ébranle pas ; et l'empereur repousse par des victoires faciles les armes émoussées de la tiare. Bientôt toute l'Italie tremblante chasse le pape de son sein. Innocent, fugitif, sans cour , rejeté par Gènes , sa patrie, par saint Louis lui-même , s'arrête à Lyon. Un archevêque en est le seigneur ; Innocent , souverain pontife , y trouve des esclaves de sa vengeance. 11 convoque un concile , et , accumulant sur la tête de l'Empereur les accusations les plus incohérentes , il exhale sa haine en le déclarant déchu du trône comme hérésiarque et comme athée.

Frédéric ne tremble pas : déjà trois fois Rcwg^a déposé. Maître de l'Italie , encouragé par jjgÇelèbrç chancelier Pierre Des vignes , ses manifestes 9 lopins de sagesse, parcourent les Ét^ Catien*, et crient aux rois de défendre leur propre cause. Mais en vain : les rois ont résisté à la voix du pontife , ils n'oseront point affronter ses censures, en appuyant ses ennemis. Innocent mortifié .prêche une croisade contre Frédéric. Dans sa fureur il a recours à la trahison : des moines salariés se font empoisonneurs ; des médecins de la cour impériale sont corrompus, et la tête du suzerain de Rome est, pour ainsi dire ,

pontificalement mise à prix. — C'est alors que le monarque chrétien fut contraint de prendre

dés mahométans pour gardes.

[i25o.] Innocent IV n'eut pas l'honneur qu'il briguait : Fre'déric mourut de chagrin. Ce prince fut le héros de son siècle : il réunissait à l'amour des arts une âme sensée , généreuse et intrépide. Il laissa après lui l'exemple d'une grande confiance dans les moyens de résistance, lorsque , quel que soit l'adversaire , cette résistance est juste. Il expira en bon chrétien , absous par un archevêque sicilien dont le pape osa réprimander l'indulgence. — Ce prince fonda l'université de Padoue et celle de Vienne.

C'est à Innocent IV qu'un roi de Norwège , Ilaquin , s'adressa pour mettre fin aux troubles de son royaume. Le roi fit l'abandon de son sceptre , et le saint-siége , au nom de Dieu , le lui rendit moyennant quinze mille marcs d'argent. Le prince était bâtard ; Rome le légitima, et , cela fait , les révoltés se soumirent , parce qu'ils craignaient la colère céleste.

Alors aussi un homme vertueux , mais qui brille peut - être plus au rang des canonisés qu'au rang des rois , saint Louis payait sa dette à la manie du temps , et conduisait aux massacres de la Terre-Sainte des milliers de Fran-

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