‹ Rome et ses papesChapitre 77 sur 197 · LIVRE , I CHAPITRE XII. l6l · texte numérisé non relu

LIVRE , I CHAPITRE XII. l6l

chaire papale au cercueil après Grégoire X.

[1276-77.] Innocent V, Adrien V et Jean XXI.

Les deux premiers étaient des hommes probes : ils n'eurent pas le temps de faire le bien. Adrien, he second , expira avant d'être consacré.

L'élection de Jean XXI engendra des troubles. Les cardinaux voulaient se soustraire à la rigidité des décrets concernant le conclave; Viterbe , où le collège était réuni , se souleva et obtint le maintien des lois. Cet homme avait l'ame d'un ambitieux. On dit qu'il mourut d'une chute en faisant construire un palais pour les siens. Un* astrologue lui avait pourtant prédit de longs jours.

[1277.] Son successeur fut ce 'Nicolas III , surnommé à juste titre le Patriarche du népotisme pontifical. Tous ses parents reçurent le cardinalat , des principautés ou des bénéfices. Il voulut marier un de ses neveux à la fille d'un roi : mais le roi refusa l'alliance de l'homme dont la grandeur n'était qu'éphémère. C'était Charles d'Anjou. De là cette haine de famille dont les suites furent si désastreuses. Le pape devint l'ennemi du prince son voisin , le frustra des charges de sénateur de Rome et de vicaire de Toscane , et sut aigrir contre lui les souverains d'Aragon et de Constantinople.

l6l ROME ET SES PAPES.

L'empereur Rodolphe avait déclaré villes libres les cités d'Italie qui achetaient leur indépendance à prix d'argent. D'un autre côté , séduit par le saint-siége , il lui avait fait d'immenses concessions. Mais plusieurs des villes cé"dées prêtaient serment au chancelier impérial. Nicolas se plaignit , exigea raison de l'affront; et, rappelant le vœu fait par l'empereur de se croiser, il menaça d'anathématiser le parjure. Rodolphe, encore tremblant sur son tronc, dut fléchir. Il abandonna au saint-siége non-seulement les terres comprises dans les donations précédentes , mais encore la succession de Mathilde et d'autres portions de territoire que les papes n'avaient jamais possédées. L'acte de cession comprenait toute la Romagne , Ravennes , Rimini , Ferrare , Bologne , Urbin , Commachio , etc. , etc. [1278]. Plusieurs de ces cités repoussèrent le joug romain. Nous verrons , lors de leur reddition définitive , un appendice des révolutions qu'elles subirent. L'empereur renonça en outre à toute espèce de suzeraineté sur Rome et sur les terres de sa mouvance.

Le pontificat de Nicolas III est une des grandes, époques de l'histoire des papes , parce qu'il fixa authcnliqucment le temporel de la tiare. Le saint-siége consolidé oublia pour ainsi dire les

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