‹ Rome et ses papesChapitre 79 sur 197 · LIVRE I , CHAPITRE XII · texte numérisé non relu

LIVRE I , CHAPITRE XII

Ion. 11 releva plusieurs églises et édifices de Rome.

[1292.] A sa mort, les cardinaux méprisèrent les canons du concile de Lyon relatifs au conclave, et ce ne fut qu'après vingt-sept mois de conférences et de ténacité qu'un pontife fut élu. Célestin IV fut l'intronisé. Bénédictin vénerarable , étranger à cet esprit remuant que Rome exigeait dans ses chefs , on croit voir qu'on le nomma par lassitude , comme un^être sans importance. Aux passions fatiguées , le bon vieillard servit d'armistice. Célestin régna peu; mais il fit preuve de droiture , en révoquant les bulles qui portaient atteinte à la constitution du conclave. Un fourbe , le cardinal Gaétan ^ qui n'est autre que le fameux Boniface VIII , abusa de sa faiblesse'. Célestin entendit pendant son sommeil la voix de Dieu qui lui ordonnait d'abandonner le sceptre ; résigné , il le déposa. Gaétan le recueillit , fit enfermer- le crédule : plus tard , comme on l'a dit , il imita les tyrans de Rome qui décernaient à leurs victimes, les palmes de l'apothéose ; il en fit un saint. Célestin était saint dans la noble acception du mot : c'està-dire sincère , tolérant , charitable et compatissant. Il était nul comme souverain ; mais il ne méritait point que la canonisation lui vint

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des mains impures de l'homme qui lui succéda.

Alors Tordre teutonique était maître de la Prusse et poussait ses conquêtes jusqu'en Livonie et en Gourlande. Cette compagnie avait pour . mission d'expulser les idolâtres de la première de ces contrées. On l'avait investie d'avance de toutes les terres qu'elle pourrait conquérir par les armes ; Rome avait confirmé le don *.

1 Cet ordre avait pris naissance en Terrre-Sainte j un Allemand l'avait fondé. Les chevaliers s'étaient souvent signalés contre les Turcs. L'Empire et le saint-siége avaient approuvé leurs statuts, en leur concédant en outre , des privilèges et de grands biens. Philippe-Auguste même avait accordé à l'ordre de magnifiques dotations et permis au grand-maître d'ajouter des fleurs de lis aux branches de sa croix. Lès chevaliers étaient nombreux en Allemagne et en Italie. Ils restèrent maîtres de la Prusse jusqu'en i5a5, époque à laquelle leur grand-maître les chassa et se fit duc de Prusse. Ils se retirèrent alors en Franconie.

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