‹ Rome et ses papesChapitre 83 sur 197 · LIVRE I , CHAPITRE XIII · texte numérisé non relu

LIVRE I , CHAPITRE XIII

transférée de Nazareth avait vu naître la sainte Vierge ; mais la relique voulait de For et non des prières ; aux yeux de Bôniface , le trafic de* choses sacrées n'était point un crime.

Il eut pourtant des amis , ear sôn successeur Benoît XI expira empoisonné par leurs mains [i3o3]. Benoît était vertueux ; il s'attachait à faire oublier le pontificat précédent ; il réintégrait les Colonne dans les fiefs dont Bôniface les avait frustrés ; il leur rendait jusqu'à leurs dignités. Cependant on lui reprocha de sacrifier à la paix de l'église l'animosité héréditaire du saint-siége ; on lui reprocha d'avoir libéré la France de l'interdit qui pesait sur elle ; de s'être fait l'ami de Philippe. Sa probité le perdit , et ne lui valut qu'une rémunération tardive \

[i3©4.] Clément V, qui vint après lui , est célèbre parce qu'il éteignit le procès intenté à la mémoire de Bôniface par les Colonne et l'ambassadeur de France. On transigea , et Clément trouva moins avantageux de condamner un pape que d'élever ceux qui l'avaient détrôné. Clément était Français. Cardinal, il avait tout promis à son roi , qui le fit élire ; une fois pape , il vit que les actes de Bôniface avaient trop bien

i Benoit XI fat canonisé par Benoît XIV.

servi son siège pour que Rome pût les voir judiciairement blâmes. Déjà le sage Benoît XI avait payé de sa vie son mépris pour les doctrines de ce pontife ; Clément étouffa donc l'instruction du procès ; puis , par une sentence d'absolution en masse qui satisût tout le monde , il proclama l'innocence des ennemis de Boniface et de Boniface lui-même.

Après cela , Clément suivit les erremens de l'homme dont la mémoire était maudite ; il fit prêcher dans l'Allemagne sa suprématie sur tous les trônes du monde , régla les hérédités des princes et les intérêts des nations.

11 fit promettre aux Hongrois qu'après la mort du roi régnant , ils reconnaîtraient pour . prince Charles-Robert , petit-fils de Charles II.

Frédéric , en Sicile, avait consolidé son pouvoir et dissipé par des victoires les menées perfides de Rome. En signe d'alliance et de réconciliation , il avait épousé la fille de Charles II. Ce dernier n'était plus , et Robert , son deuxième fils , et Charles , son petit-fils , destiné au trône des Hongrois, se disputaient le royaume de Naples. Tous deux avaient des droits , tous deux les faisaient valoir. Clément alors jette son nom dans la balance. Juste par intérêt , il repousse le prince royal de Hongrie et investit Robert, en

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