‹ Rome et ses papesChapitre 85 sur 197 · LIVRE I , CHAPITRE XIII · texte numérisé non relu

LIVRE I , CHAPITRE XIII

consacré , Tordre des Templiers , occupa le monde et tomba. Devenu opulent en pillant les infidèles et.quelquefois les chrétiens , on l'avait vu luttant contre des couronnes , et protégeant des soudans barbares contres des princes de la communion romaine \ Haïs pour leur vanité , divisés par leurs grands biens , au jour du péril les Templiers succombèrent. Philippe-le-Bel n'oubliait pas qu'ils avaient blâmé son avarice , fomenté la sédition de Paris et soutenu l'orgueil de Boniface ; l'impérieux monarque les craignait en les abhorrant. Leur perte fut jurée [i3o8]. Le roi les arrête , et , poussé par Clément qui a fait vœu de les étouffer , les livre à une inquisition française présidée par des cardinaux de Rome. On les accuse d'idolâtrie, d'athéisme, de pédérastie. La torture arrache d'eux l'aveu des plus sales horreurs ; ils se rétractent après la torture. On les brûle enfin à petit feu aux portes de Paris,

La fin des Templiers est un problême. Est -ce là culpabilité , que cette confession du crime extorquée par le châtiment du crime même ? Leur faute , dit-on , fut d'être riches. En Angleterre, en Italie , en Espagne , les chevaliers furent persécutés , mais non mis à mort. L'ordre fut aboli par la bulle et par le fer : voilà ce que pouvait

1 L'empereur Frédéric II.

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l'union du temporel et des papes. Ils se soutinrent seulement en Allemagne , soit qu'ils y fussent redoutables , soit que les vieilles discussions des successeurs de Charlemagne avec les pontifes eussent éveillé dans ce royaume quelques idées de tolérance et de justice. — Philippe , leur persécuteur , avait un projet , celui de s'approprier leurs trésors. Il craignit la cour aposlique , et se contenta des deux tiers de leurs biens mobiliers. — Les rois de Castiile et d'Aragon s'enrichirent ; le reste des dépouilles passa aux chevaliers de Malte, et Rome n'y gagna rien.

Le long pontificat de Clément V fut malheureux comme l'avait été le premier jour de son règne. Couronné à Lyon , il avait vu le roi de France et ses frères fiers d'honorer sa pompe triomphale; le roi lui-même avait tenu les rênes de son coursier papal. Le cortège s'avançait en silence , lorsqu'un vieux pan de muraille , se détachant avec fracas , vint terrasser le pontife et blesser mortellement plusieurs personnes de sa suite. Le roi et le pape furent sauvés. Clément regretta seulement la perte de ses pierreries , disent les historiens ; et le peuple qui croyait aux présages , prophétisa les malheurs du nouveau prince de l'Église, — Clément nmait et protégeait les lettres.

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