‹ Rome et ses papesChapitre 87 sur 197 · LIVRE I, CUATITRE XIV · texte numérisé non relu

LIVRE I, CUATITRE XIV

à ses pieds. L'empereur lui-même est suppliant.

En vain Louis demanda la paix : l'orgueil d'un pape offensé réclamait vengeance. Jean suscita de nouveaux embarras et mourut enfin sans avoir pu détrôner son ennemi [i334].

Un fait curieux , c'est qu'au milieu des dangers qu'il courut , cet homme exhorta Philippe de Valois et Edouard III , roi d'Angleterre , à l'entreprise d'une nouvelle croisade. Avait-il donc moins besoin de ces princes que de l'argent qu'il eût retiré dè cette expédition ? ou voulait-il sagement mettre l'Europe à l'abri de l'ambition d'Edouard? Il faut dire toutefois qu'un roi de France , Philippe-le-Long , avait voulu récemment exclure les évêques du parlement français ; de plus qu'un avocat général , Pierre de Cugnières , avait courageusement dénoncé au monarque les empiétements du clergé contre la couronne , et introduit dans la législation les appels comme d'abus , c'est-àdire le droit de soumettre à la justice civile toute décision ecclésiastique. Croyons dès-lors que Rome voulut par une nouvelle croisade , soustraire les rois à l'influence de l'opinion qui se formait , comme un autre pape avait désiré que l'ami des inquisiteurs , Louis IX , restât chez lui pour gouverner cette opinion.

Jean XXII se distingua par sa cupidité et amassa de grandes richesses. Il créa la taxe apostolique à tant par péché et multiplia les réserves *h l'infini. Pour assouvir son esprit de lucre, il établit une sorte de justice dans les gradations hiérarchiques des places. Quand un échelon était vacant , les titulaires des échelons inférieurs passaient de droit au gradin immédiatement supérieur. De la sorte, les successions étaient plus fréquentes et les provisions plus nombreuses K C'est lui qui prétendit que les ames de la sainte Vierge et des saints ne seraient admises dans le paradis qu'après le jugement dernier. Tous les théologiens l'ayant condamné, au ht de la mort il se rétracta. Il mourut tel qu'il eût dû vivre.

[i334«] Benoît XII , fils d'un boulanger , qui fut élu après lui , était moine de l'une de ces corporations régulières qui prêchaient de toutes

1 Si un patriarcat venait à vaquer , il le donnait à un archevêque. L'archevêché passait entre les mains d un évêque et l'évêché devenait la part d'un abbé ou d'un dignitaire ; le chanoine obtenait la dignité ; le prébendierle canonicatj le demi-prébendier la prébende j le bénéficiaire la demi-prébende ; le chapelain le bénéfice et un simple prêtre la chapellenie. ( Llorekte. )

Page 1