‹ Rome et ses papesChapitre 98 sur 197 · LIVRE I , CHAPITRE XV · texte numérisé non relu

LIVRE I , CHAPITRE XV

le répudia , et les cardinaux de son siège , las de son avarice et de ses duretés , s'adjoignirent sans peine aux cardinaux romains.

Grégoire XII, en fuite comme son rival, s'était arrêté d'abprd à Aquilée ; mais le voisinage de l'Empire , qui changeait de maître , l'inquiéta , et ce fut à Gaëte , sous l'égide de Ladislas son ami, qu'il alla déployer sa pompe et son orgueil.

Pendant le cours de ces événements , l'Allemagne aussi s'était vue tristement déchirée. Le fils de Charles IV, Venceslas , prince intempérant et sanguinaire , avait été écarté du trône. Jeté deux fois en prison comme aliéné , deux fois il en était sorti. C'est lui qui marchait avec une suite de bourreaux. Les électeurs de l'Empire l'avaient enfin dépouillé du sceptre , à l'instigation du saint-siége , et Robert , le principal instrument de sa chute , l'avait remplacé. Robert se disait l'avoué de Grégoire , et ce fut à la mort de ce prince et à l'avènement de Sigismond au trône que le pontife fugitif passa dans le royaume de Naples [i4io].

A cette époque donc il y avait trois papes , dont deux réputés intrus , savoir : Benoît XIII, protégé par Martin , roi d'Aragon., siégeant à Perpignan ; Grégoire XII, protégé par Ladislas,

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siégeant à Gaè'te, et Alexandre V, nommé par concile , résidant à Bologne , où il mourut empoisonné après dix ans de pontificat. L'histoire représente ce dernier comme un prêtre plein de modestie ; mais en politique il fit preuve de haine et d'incapac^é. Par sa faute , deux fois Rome fat la proie du redoutable Ladislas.

Maître de tout l'état ecclésiastique , le conquérant prit le titre de roi de laïcité chrétienne , de cette métropole qui comptait déjà trois pontifes. Ce titre , il voulait le transmettre à ses héritiers ; il s'éteignit de lui-même dans la femme débile qui lui succéda.

Circonvenu par les moines , Alexandre V délivra des corporations monastiques de la dépendance épiscopale. Il concéda aux franciscains le droit d'exercer les fonctions de prêtres sarj^ujupjlil ion préalable ; mais ces privilèges et bfé^Coûp d'autres furent révoqués après lui.

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