KOM E
la majesté du Très-Haut; mais ni la magnificence de Saint-Pierre, ni les beautés de Saint-Jean-de-I^tran n'ont produit sur mon pauvre cœur la vive impression dont je suis encore tout émue. Rien d'extraordinaire cependant dans l'architecture de l'antique église Saint- Êtienne-le-Rond, que j'ai visitée ce malin; c'est tout simplement une rotonde dont la voûte est soutenue par cinquante-huit colonnes de granit et de marbre, et dont les murs sont couverts de peintures grossières mais vives, et représentant avec une effrayante vérité les divers tourments du martyre d'une immense quantité de chrétiens. Ici c'est sainte Agathe, à qui le bourreau vient d'arracher un sein palpitant encore sur la terre inondée de sang, et qui, les yeux douloureusement levés vers le ciel, laisse sans résistance approcher de son autre sein la tenaille homicide. lÀ c'est une jeune fille que les flammes bleuâtres enveloppent déjà tout entière. Plus loin j'aperçus en frémissant un tigre furieux enfoncer ses larges griffes dans des chairs palpitantes et broyer les membres déUcats d'un jeune adolescent; il me semblait voir le sang couler
de ses larges plaies et entendre craquer les os sous cette puissante mâchoire. Ensuite c'était saint Hippolyte, attaché par les pieds à des chevaux fougueux , arrosant de son sang la poussière du chemin et laissant à chaque buisson quelques lambeaux de chair meurtrie. Puis un spectacle plus horrible encore s'offrit à mes regards:
un homme vivant était étendu sur ime table de marbre ; ses membres , coupés par tranches, tombaient Tuii après l'autre sous le fer de ses bourreaux ; le tronc seul restait encore; c'était la plus effroyable boucherie humaine qu'il soit possible d'imaginer.
Vous l'avouerai- je, ma chère? il m'a été impossible de soutenir plus longtemps la vue de ces a£freuses images; j'ai senti mon cœur défaillir, et je me suis réfugiée tremblante au pied de Pautel; là, ma tète cachée dans mes mains pour ne plus voir ces terribles peintures, dont l'œil a cependant de la peine à se détacher malgré l'horreur et le dégoût qu'elles inspirent, je suis restée immobile, faisant effort pour les repousser de mon souvenir. Mon Dieu ! disai&-je , comment celle qui ne peut supporter la simple représentation des supplices de vos saints , pouttait-ellè avoir la force de subir de pareilles tortures , de mourir d'une telle mort , s'il lui fallait à son tour confesser la foi de Jésus -Christ? Renierais-je donc ma croyance? outragerais-je mon divin Sauveur? Non, mon Dieu, non, j'ose l'espérer, car vous me donneriez le courage que je ne trouve pas au fond de mon âme. Oui, certes, il né faut rien moins qu'une grâce surnaturelle pour que de simples jeunes filles, de pauvres enfants, des vieillards glacés par l'âge aient pu supporter de pareilles douleurs, quand un seul mot, un signe de leur part eût suffi pour y mettre un terme.
Ah! j'ai entendu dire mille fois et j'ai souvent répété moi-même que ce grand nombre de martyrs de tout âge 9 de tout rang et de tout sexe , était à lui seul une preuve bien frappante de la divinité du christianisme ; aujoiuxl'hui je fais plus que de l'entendre et de le dire , je le sens.
En sortant de Saint-Étienne-le-Rond , où je n'aurai probablement plus le courage de revenir jamais , j'étais si pâle et si émue que mon frère me demanda si j'étais malade ; je lui répondis que j'éprouvais le besoin de prendre l'air, et comme son service l'appelait à l' étatmajor général, nous nous donnâmes rendez -vous au Colysée, où mes chevaux m'eurent bientôt conduite.
Je fis d'abord le tour extérieur de cet immense édifice, qui n'a pas moins de 1600 pieds de circonférence , et dont les épaisses murailles ne conservent que d'un seul côté leur hauteur primitive ; puis je mis pied à teiTC , et pénétrant par une large voûte, je me promenai quelque temps dans l'enceinte ; ensuite je vins m'asseoir, fatiguée de corps et d'esprit, sur un de ces gradins où les matrones romaines se plaçaient jadis pour assister aux jeux sanglants de l'amphithéâtre; et, appuyant ma tête sur la pierre nue, je repris malgré moi mes pensées du matin. Bientôt une espèce de sommeil s'empara de mes sens ; alors il me sembla voir tous les gradins du Colysée se remplir d'une foule confuse d'hommes, de femmes et d'enfants, dont les discours, prononcés à
voix basse j faisaient un bruit semblable au sourd murmu redes vagues écumantes; puis des cris frénétiques , répétés par les cent échos de l'édifice, retentirent de toutes parts :
« Les chrétiens aux bètes ! »
Et j'aperçus le même tigre que j'avais vu sm» les murs de Saint-Étienne-le-Rond. C'étaient bien ses yeux flamboyants, ses poils hérissés, sa large gueule sanglante, et, sans savoir comment, je me trouvai tout à coup transportée au miUeu de l'arène. Cependant l'animal s'avançait à pas lents, comme un chat qui guette sa proie ; puis il m'aperçut et s'élança sur moi d'un bond gigantesque. Je voulus fuir pour lui échapper, mais la foule barbare me repoussait de toutes les issues. Alors je sentis mes jambes fléchir, mes forces m'abandonner, et la griffe du tigre m'atteindre à l'épaule. L'excès de la terreur et une douleur très -vive, que je croyais ressentir, me réveillèrent à demi. Je me trouvai avec surprise sur les gradins du Colysée ; je vis devant moi la vaste enceinte , si souvent arrosée de sang humain ; les actes du martyre de saint Ignace, que j'avais lus la veille, me reviment aussitôt très-vivement en esprit. J'étais assise derrière la place du préteur; il me sembla voir le saint évéque d'Antioche conduit devant lui dans ces jours solennels, appelés fêtes sigillaires. Une foule nombreuse assistait à ce spectacle.
« J'admire que tu sois encore vivant, après les tour-
ments et la faim que tu as déjà soufferts , » lui dit le préteur, qui n'ignorait aucun des mauvais traitements auxquels le vieillard avait été en butte depuis son départ d'Antioche, où Trajan, vaincu par son inaltérable fermeté , avait prononcé contre lui la peine de mort. « Maintenant du moins consens à ce que je désire , alin que tu sois délivré du supplice qui te menace, et que tu nous délivres nous-mêmes de toute cette tristesse.
— Tu me parais avoir une figure humaine, répondait le vieillard ; mais tu as Tastuce du renard qui caresse avec sa queue , tout en ayant des intentions perverses ; avec tes douces paroles tu veux me corrompre et me séduire. Sache donc, quelque irritation que tu puisses en ressentir, que cette vie mortelle n'est rien pour moi, à cause de Jésus que mon âme désire. J'irai à lui, car il est le pain de l'immortalité et le breuvage de la vie étemelle. Je suis tout entier à lui, et j'étends vers lui mon âme : je méprise les tourments et je foule aux pieds ta gloire.
— Puisqu'il est si orgueilleux, reprit le préteur, détachez deux lions qui dévoreront jusqu'au dernier morceau de son corps.
— Romains, qui attendez ce spectacle, s'écria le saint vieillard, ne croyez pas que ce qui m'arrive soit la punition d'un maléfice ou de quelque action mauvaise; cela arrive afin que j'atteigne Dieu , que je désire
d'un désir insatiable. Je suis le froment de Dieu ; je serai bmyé par les dents des bêtes pour devenir un pain blanc et pur.»
Et les deux lions, sortis de leurs fosses, s'élancèrent sur lui et exaucèrent ses vœux ; il ne resta de i^on corps que les os les plus durs, que les fidèles recueillirent avec respect. Ils se retirèrent ensuite dans leur demeure pour donner un libre cours à leurs larmes.
c( Nous passâmes la nuit prosternés devant le Seigneur, lui demandant par de continuelles et ferventes prières qu'il lui plût de nous faire connaître quel avait été le succès d'un combat si sanglant. Alors un léger sommeil nous surprit et nous fit voir Ignace sous diverses formes et en différentes situations. Il se présenta debout à quelques-uns ; il se fit voir aux autres les bras ouverts et venant à eux pour les embrasser ; il parut à ceux-là tout couvert de sueur et comme sortant d'im pénible travail ; à ceux-ci comme priant ; enfin il y en a qui l'aperçurent à côté du Seigneur tout éclatant de liunières (74). »
Et pendant que je repassais ces choses merveilleuses dans mon cœur, mon frère vint me rejoindre , ainsi que nous en étions convenus. Il était accompagné de l'abbé Dotti, cet aimable cicérone dont je vous ai déjà parlé. Je me levai pour aller à leur rencontre.
« Vous venez bien à propos. Monsieur, dis-je à l'abbé, pour m'expliquer ce qui m'entoure.
a($S ROM E.
— Je vous dirai du moins tout ce que j'en sais^ me répondit*il en souriant.
— Vous allez d'abord m'apprendre Tétymologie du mot amphithéâtre. )>
Le bon abbé s'inclina en forme de consentement.
Ci Ce mot vient du grec, dit- il, et signifie théâlre aiUoury c'estrà-dire une enceinte circulaire ou elliptique. Le lieu où nous sommes maintenant est le théâtre proprement dit , la place sur laquelle se jouaient ces drames terribles dans lesquels les acteurs donnaient ou recevaient véritablement la mort, et dont les nôtres ne sont que de pâles copies. On le nonunait arèncj du sable dont il était recouvert, pour que le pied des combattants y fût plus ferme , et pour que le sang , bu à mesure qu'il était versé, disparût promptement sous une couche de sable nouveau. Quelquefois le luxe des empereurs allait jusqu'à mêler à ce sable du vermillon et de la limaille de pierres précieuses; d'autres fois encore il était composé de la poudre d'une pierre blanche très-friable , et l'arène semblait alors couverte de neige.
Un mur très-épais, d'une hauteur telle que les bètes féroces ne pouvaient le franchir , entourait l'arène ; il avait des ouvertures principales, et d'autres de distance en dislance , fermées de gi-illes de fer, par lesquelles entraient les gladiateurs et les bètes; on le nommait podium. La loge impériale, que vous voyez en face, était placée sur ce mur, ainsi que celles des vestales et des
principaux magistrats. Venaient ensuite les gradins des spectateurs, où Ton pénétrait par des portes appelées vomilùires, parce qu'elles semblaient vomir la foule. Dans cet amphithéâtre les gradins étaient divisés en trois ordres appelés nuBnianij le premier de vingtrquatre gradins, les autres de seize, ils étaient terminés par une galerie ornée de colonnes, soutenant une planche sur laquelle se tenaient des ouvriers qui , au moyen des poutres et des poulies préparées pour cet usage , étendaient les voiles destinés à préserver les spectateurs de la pluie ou du soleil.
Ordinairement les jeux commençaient par des effets de théâtre; c'étaient des arbustes aux pommes d'or, qui sortaient de dessous terre pour représenter le jardin des Hespérides , ou des arbres de haute futaie qu'Orphée entraînait à sa suite ; et l'acteur, chargé de représenter le' demi-dieu , était véritablement déchiré par des ours lancés dans la forêt magique.
Quelquefois, au moyen d'aqueducs souterrains, l'arène devenait un lac, sur lequel s'exécutaient des joutes nautiques. Plus souvent encore des animaux habillés en hommes et en femmes amusaient les spectateurs par des danses et des tours d'adresse. Mais ce n'étaient là cependant que les préludes de la fête ; ce qui charmait surtout la société romaine, l'élite des peuples civilisés, ce qui faisait trépigner d'aise et de plaisir les hommes , les femmes, les jeunes filles et jusqu'aux chastes
vestales, c'étaient ces luttes sanglantes d'animaux sauvages se déchirant entre eux, ces lions, ces tigres, ces taureaux , ces éléphants excités par des pointes aiguës , par les lames brûlantes dont on labourait leurs côtes, par les paquets enflammés qu'on allumait sur leur dos ou par les boissons enivrantes qu'on avait soin de leur faire prendre pour redoubler encore leur férocité naturelle; c'étaient surtout les combats des gladiateurs, se portant des coups mortels pour le plus grand amusement des spectateurs avides d'émotions. C'était alors que l'intérêt montait au plus haut point t, on pariait , on prenait parti pour ou contre, on encourageait les adversaires, on applaudissait à leur triomphe, on insultait à leur agonie , quand ils n'avaient pas su tomber avec grâce. La mère de famille , tenant son enfant dans ses bras , l'adolescent aux cheveux blonds , la jeune fille au doux sourire criaient au vainqueur de redoubler ses coups , et renversaient le pouce pour donner un signal de mort. Puis on traînait avec dés crocs ces cadavres amoncelés pour en débarrasser l'arène fumante; on grattait le sable imbibé de sang , on répandait dans l'air par de petits conduits secrets une vapeur parfumée , qui s'exhalait doucement des bouches des statues creuses . afin de rafraîchir l'atmosphère et de dissiper l'odeur du sang ; puis l'on passait à d'autres jeux.
— Oh ! c'étaient d' affreuses gens que ces Romains si vantés! m'écriai-je avec indignation. Mieux vaut mille
fois notre société moderne, malgré ses petitesses et ses vices.
— L'homme déchu en Adam est naturellement cruel et sanguinaire , répondit Tabbé ; et la religion de Jésus- Christ pouvait seule adoucir et épurer des mœurs qui nous paraissent infâmes, mais que Timpiété ramènerait peu à peu, si le flambeau de la foi pouvait cesser de briller sur la terre.
— Et par qui fut construit cet édifice, dont les proportions gigantesques étonnent notre siècle? demanda mon frère à l'abbé.
— Le ColosseOi ou Colysée, répondit-il , qui doit son nom à son immensité même , ou peut-être à la statue colossale de Néron , que l'on plaça à la porte du monument en la dédiant au soleil, fut bâti sous le règne de Yespasienpar douze mille Juifs captifs , amenés de Judée après la prise de Jérusalem. L'empereur voulut que son amphithéâtre surpassât en magnificence ceux que Rome possédait avant lui. La maison dorée de Néron, abattue par Vespasien, fournit les matériaux. Quant à Parchitecte qui dirigea ces étonnants travaux , son nom est un mystère que l'histoire ne nous a pas dévoilé. On croit cependant, d'après une inscription extraite des catacombes , qu'il se nommait Gaudentius , et qu'il fut mis à mort comme chrétien, au lieu de recevoir les récompenses qui lui avaient été promises pour prix du chefd'œuvre dont il dota la reine du monde.
Titus fit la dédicace de cet amphithéâtre par des jeux dont Suétone et Dion nous ont conservé les détails. Ces jeux durèrent cent jours ; cinq mille bêtes féroces et un grand nombre de gladiateurs y perdirent la vie.
— Et que fit - on du Colysée , Monsieur, lorsque la croix brilla sur le Capitole? car je suppose qu'un des premiers soins des empereurs chrétiens fut de supprimer ces horribles combats de gladiateurs et de bètes féroces.
— Sans aucun doute, répondit l'abbé. Constantin d'abord, et Constance après lui, firent plusieurs édits pour prohiber ces affreux plaisirs ; mais leurs ordonnances et la voix des souverains pontifes furent longtemps impuissantes contre la fascination que ces spec^ tacles si émouvants exerçaient toujours sur la population encore à moitié païenne. Les jeux des gladiateurs étaient défendus et cependant tolérés; mais un jour que la foule se pressait à l'amphithéâtre , un étranger s'y présente tout à coup , monte sur les gradins et reproche aux assistants leurs criminelles joies ; cet homme était Almachius, pauvre moine, venu du fond de l'Asie pour visiter la ville sainte , et dont le zèle ardent ne faiblit point devant une si périlleuse entreprise. Son opposition excita un certain tumulte, et le préfet Olypius le fit saisir et mettre à mort comme coupable de sédition.
Après cette scène , qui sans doute fit impression sur la multitude , le Colysée ne servit plus qu'à des combats d'animaux. Puis, à la fin du xi* siècle, il devint une
forteresse, où la puissante famille des Frangipani se retrancha et se défendit contre celle des Annibaldi. En 1322, pendant le séjour des papes à Avignon, le sénat romain , devenu propriétaire du Colysée , y domia un célèbre tournoi , dont le chroniqueur Ludovico Monaldesco nous a conservé le récit.
Au XIV* siècle il fut cédé en partie à la confrérie du SainirSacrement , à condition de le débarrasser des malfaiteurs dont il était devenu le repaire. Bientôt une maladie contagieuse désola la ville; les confrères placèrent des lits dans les corridors et sous les portiques , et le Colysée fut transformé en hôpital. Plus tard Sixte- Quint voulut en faire un dépôt de mendicité et un établissement de travail pour les pauvres valides , mais la mort ne lui laissa pas le temps d'exécuter ce projet. Clément II, après avoir fait murer les ouvertures de l'amphithéâtre, afin d'en chasser les voleurs, qui menaçaient pendant la nuit la sûreté publique, y établit une manufacture de salpêtre. Plus tard on y joua les mystères de la Passion. Maintenant le Colysée est presque un temple, oîi, tous les vendredis, les chrétiens viennent suivre dévotement les traces douloureuses de THomme-Dieu, qui, par sa mort volontaire, triompha de la mort, brisa les chaînes de l'esclavage et régénéra l'univers.
Cependant une scène étrange s'est passée naguère encore dans le sein du colosse monumental , et des cla-
meurs inaccoutumées ont réveillé ses vieux échos. C'était le 23 mars de l'année dernière, dans ces jours de fièvre et de délire qui amenèrent la république. Le peuple romain, répondant à l'appel que Mazzini lui lançait de Milan, courut en foule à l'amphithéâtre, non plus pour rassasier ses regards de combats sanguinaires , mais pour prêter l'oreille aux discours de quelques ambitieux qui prétendaient comme toujours sauver la patrie. Les prêtres et les militaires , les nobles et les bourgeois dans leurs costiunes d'apparat , se pressaient dans l'immense enceinte. Alors un homme de grande taille, dont le manteau , artistexnent drapé , laissait apercevoir la ceinture de corde qui ceignait ses reins et la croix aux trois couleurs qui se dessinait sur sa poitrine , prit la parole et s'écria :
— Frères, le jour de la délivrance est arrivé. L'heure de la croisade sainte a sonné! aux armes! Dieu le veut! aux armes!
Le reste de sa harangue répondait à cet exorde dramatique.
-^ Romains, disait -il, voulez -vous redevenir le peuple-roi ?
Et la multitude , toujours brave quand le danger est éloigné, répondait avec enthousiasme :
— Oui , oui , nous le voulons.
— Eh bien ! que votre volonté soit faite ! reprenait lé bamabite Gavazzi. Romains! au nom de l'Italie! aux