‹ RomeChapitre 102 sur 186 · QUESTIONS D'ÉTIQUETTE · texte numérisé non relu

QUESTIONS D'ÉTIQUETTE

Rome), on avoit accordé que Tambassadeur lui donnât la main droite chez soi, mais Sa Majesté ayant vu depuis et éprouvé à son préjudice beaucoup de mauvaises conséquences de cette introduction et de ce relâchement, en ce qu'aucun des ducs et barons roloains et même des principaux prélats de ladite cour, qui ne demeurent pas d^accord d'une si grande différence du chef de la maison Ursine à eux, en ont pris prétexte de ne plus visiter ses ambassadeurs et de n'honorer plus do leur présence leur cortège coDune, avant cela, ils tenoient â honneur de faire l'un et l'autre, Sa Majesté résolut, quand don Ferdinando Ursino père du duc d*à présent mourut, de remettre les choses au premier état, c'est-à-dire que ses ambassadeurs ne donneroient plus la main droite chez eux aux ducs de Bracciano. Depuis cela, M. le cardinal Ursin étant venu en cette cour et ayant témoigné grand désira Sa Majesté que le duc son frère pût avec honneur, et sans perdre la prérogative dont il est en possession de recevoir la main des ambassadeurs de Venise, faire sa déclaration de serviteur et partisan dé cette couronne et mettre les armes de Sa Majesté sur son palais pour marque de sa dépendance, ledit cardinal, sur I exemple de ce qu'il dit que les ambassadeurs d'Espagne pratiquent avec le chef de la maison Colonne qui est dans leur parti, proposa un tempérament par lequel Sa Majesté auroit ce qu'elle veut, c'est-à-dire que son ambassadeur ne donneroit point la main au duc son frère, mais qui aussi le distingueroit des autres ducs et barons romains et ce seroit que, pour la première fois, l'ambassadeur reçût ledit duc de Bracciano par la porte secrète et se Unt sur le lit pendant sa visite et, pour les suivantes, qu'elles se feroient sans aucune cérémonie de réception ni d'accompagnement. Sa Majesté ayant parlé là-dessus au sieur duc de Créqui, il ne demeura pas d'accord d'avoir jamais appris que les ambassadeurs d'Espagne reçussent le connétable Colonne en la manière qua dit ledit sieur cardinal, c'est-à-dire que ledit connétable vienne la première fois par la porte secrète et que l'ambassadeur se tienne sur son lit, mais bien que ledit connétable est traité sans cérémonie de réception à l'entrée ni d'accompagnement à la sortie; sur quoi Sa Majesté, dans une chose douteuse, estimant d'ailleurs qu'il est fort juste de faire quel({ue distinction (mais

non pas si grande que seroit celle de la main) entre le chef de la maison Ursine et les autres ducs et barons romains, a pris la résolution d'ordonner audit sieur duc de Chaulnes de s'informer bien au vrai quel est le traitement que les ambassadeurs d'Espagne ont accoutumé de faire au connétable Colonne et que, quand il aura bien éclairci la chose à n'en pouvoir douter, il accorde sans difficulté le même traitement au duc de Bracciano. Il restera après cela un autre point à ajouter pour la déclaration dudit duc, qui est celui de la pension que Sa Majesté avoit accordée à son oncle et depuis h son père quand il lui succéda, laquelle étoit à la vérité de SO 000 francs par an, mais dont ni l'un ni l'autre n'ont jamais été payés bien ponctuellement et seulement par de certains et tels inter\'alles d'années, qu'à le bien prendre, on peut dire que ladite pension étoit comme réduite au quart. Lorsque le duc Ferdinand mourut. Sa Majesté fit considérer à celui-ci que, ne voulant rien promettre qu'elle n'accomplit et ayant dessein de payer avec grande ponctualité toutes les pensions qu'elle accordoit,il lui seroit beaucoup plus avantageux d'en avoir une de 10000 francs qu'elle lui offrit, que celle de 20 000 ne l'avoit été à son père, mais il crut, ou le dit de la sorte, que son honneur étoit en quelque façon intéressé à obtenir la même somme qu'il voyoit dans le brevet de son père, et la chose en demeura là. Aujourd'hui Sa Majesté désire que, pour terminer cette affaire, ledit sieur duc lui offre ou une pension de 10000 francs, qui sera tous les ans exactement payée, ou une de 20 000 qui sera exprimée de la sorte dans le brevet; bien entendu que dès à présent il saura et demeurera d'accord qu'on ne lui en paiera chaque année que la moitié ou qu'il ne la recevra encore que de deux ans en deux ans.

En troisième lieu, touchant ladite connétable Colonne, Sa Majesté trouve bien que ladite duchesse de Chaulnes lui fasse le même traitement, quand elle en sera visitée, que ledit sieur duc aura accordé au duc de Bracciano, c'est-à-dire le même que le connétable reçoit chez l'ambassadeur d'Espagne.

En quatrième lieu, la déclaration que le marquis de la Fuente, en Tannée 1662, fit au Roi en sa première audience, dont ledit sieur duc est bien informé, ne donnera pas lieu à l'ambassadeur d'Es-

Page 1